Ranomafana-Ifanadiana Les reliquats au coeur du parc

Publié le par Alain GYRE

Ranomafana Ifanadiana - Les reliquats au cœur du parc

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Si l’on descend vers le sud de Madagascar, l’on ne peut ignorer le parc de Ranomafana qui se trouve à Ifanadiana. L’équipe de « team kozy liberty » est descendue sur place. Emerveillé par la richesse de la faune et de la flore de ce parc, le groupe a été surpris par la présence des Vatolahy ou « pierre mâle » en plein cœur de la forêt.. Ces pierres sont dressées en tant que symbole commémoratif pour les premiers habitants de l’Ile. Une pierre est dressée pour chaque circoncision, alliance, ou juste des délimitations de territoires. Mais pour les anciens villageois du parc de Ranomafana, n’ayant pas su compter, dresser les Vatolahy ont été pour eux une sorte de mémorisation de ceux qui « partent vers d’autres cieux ». Les Vatolahy sont dressés pour commémorer leurs morts. La longueur varie en fonction de l’âge du défunt. Il est à noter que les Vatolahy ne servent pas de tombeau pour les Tanala, toutefois c’est une place tout aussi sacrée. Chaque famille possède un endroit propre à elle pour compter ceux qui s’en vont. Le Vatolahy peut avoir différentes tailles, certains sont façonnés et ornés. C’est un signe de notabilité et de richesse. Du temps des souverainetés royales, c’étaient les nobles qui pouvaient édifier les Vatolahy. On peut ainsi déterminer un groupe social à la taille du Vatolahy.

Jusqu’à aujourd’hui, des gens du village viennent se recueillir sur ces sites pour demander grâce aux Vatolahy. En faisant sacrifice d’un coq, versant ainsi le sang sur les Vatolahy ou encore du suif de zébu dessus fondu. La plupart du temps, demander bénédiction, ou demander pardon après offenses sur les Vatolahy soulagent l’âme des villageois. Il y a une manière particulière pour l’élever, la journée favorable pour l’implanter, un espace approprié à opter pour qu’il ne soit pas un obstacle par rapport aux champs cultivés et aux tombeaux. En ce moment, cette coutume n’est plus de date. La société malgache n’érige plus de pierres levées, ce n’est plus d’envergure nationale. Avec la mondialisation et la modernisation, les commémorations se font désormais sur des plaques de pierre ou de marbre, les Vatolahy font partie du patrimoine culturel et historique. Néanmoins, il y va sans savoir que la culture de la pierre n’est pas propre aux Malgaches, elle est universelle, on retrouve de nombreuses similitudes de par le monde. Les Tanala sont un peuple forestier du sud-est de Madagascar. Certains Tanala ne firent jamais allégeance au royaume de Madagascar.

« Ceux de la forêt » occupent une portion de terre sur les falaises de l’Est des Hautes Terres, la partie montagneuse des forêts tropicales, autour de Ranomafana. Aujourd’hui environ cent trente-quatre villages se trouvent encore autour et dans le parc de Ranomafana. La majeure partie de leurs vivres, ils les puisent de la forêt. Très prometteurs avec les plantes médicinales, certains villages ont des guérisseurs réputés par la maîtrise parfaite des différentes espèces de plantes. Pour l’histoire, les Tanala étaient trop belliqueux, trop fiers et trop jaloux de leur indépendance séculaire pour écouter les conseils de leur roi et accepter de plein gré l’autorité des colonisateurs. Des assauts ont été dressés contre ces derniers qui se sont refugiés dans la forêt, tout en groupant autour d’eux les insurgés. Célèbre par la réputation d’être insaisissable, leur soumission ne s’est faite que par la pacification de l’Ikongo. Les Tanala faisaient partie des peuples les mieux organisés dans la société. Réputés par leurs respects des coutumes, les Tanala faisaient des alliances comme le « vahi-ra ». La parenté se confond par l’échange du sang. Dans la cérémonie de l’échange du sang, ou vahi-ra, deux Tanala se font une légère incision sur la poitrine et boivent mutuellement quelques gouttes de sang en prononçant des imprécations et des formules sacrées. Ils sont dès lors « frères de sang », se doivent aide et assistance, et se considèrent aussi unis que par les liens de la nature.

Zo Toniaina

La Vérité

 

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