Région Menabe : 1% des forêts disparaît chaque année

Publié le par Alain GYRE

Région Menabe : 1% des forêts disparaît chaque année   

Jeudi, 09 Janvier 2014

 

Les paysages forestiers du Menabe sont de plus en plus menacés selon les recherches menées dans la région.

 

Des études effectuées sur place permettent en effet de dégager les résultats nécessaires pour une gestion durable des ressources dans un point chaud de la biodiversité, en tenant compte des besoins de la population locale.

 

La Grande Ile est connue sur le plan international pour sa biodiversité exceptionnelle. Aussi, les forêts sont également la source de nombreux produits et services pour les communautés rurales. Cependant, ces forêts subissent de fortes pressions principalement en raison de la mobilisation des terres forestières à des fins agricoles. Dans le Menabe central, environ 1% des forêts denses sèches disparaît chaque année. Raison pour laquelle, diverses recherches sur la région visent à trouver un équilibre entre les besoins de la population rurale et l’importance de la biodiversité. Les études ont pour but également de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations habitant dans une région riche en biodiversité.

 

La gestion du paysage forestier concerne de multiples acteurs au Menabe central. En premier lieu, les ONG de conservation qui visent à protéger la biodiversité représentée par des espèces endémiques au niveau local et quatre espèces phares. Puis les communautés villageoises qui façonnent le paysage par l’utilisation des sols, des produits et des services forestiers. Les autorités gouvernementales visent à mettre en place une nouvelle aire protégée tandis que les ONG de développement appuient les paysans dans l’amélioration de leur niveau de vie.

 

Notons que la forêt sèche du Menabe offre une multitude de ressources. Pour les produits ligneux par exemple, 201 essences ont été inventoriées dans les différentes formations forestières dont 141 dans la forêt naturelle. Leur régénération est actuellement problématique, en particulier dans le cas des espèces les plus utilisées par les populations locales. Sans oublier également que la forêt et l’homme sont liés étroitement dans le Menabe. La forêt a plusieurs fonctions pour l’homme. La première étant celle de réserve de terres de culture et de pâture qui, du point de vue foncier, constitue un moyen d’appropriation (légitime mais non légal) d’une terre par une personne ou une famille. L’agriculture et l’élevage sont les activités rurales qui participent le plus à la sécurité alimentaire et financière des ménages ruraux.

 

Cependant, la gestion traditionnelle actuelle du système agricole et grand élevage entraîne une pression considérable sur la biodiversité. La forêt fournit également des produits alimentaires non ligneux qui occupent une place importante en période de soudure mais qui sont associés à des valeurs sociales. A cet effet, la mise sous protection de la forêt est nécessaire non seulement pour conserver la biodiversité forestière mais également pour la population rurale qui l’utilise quotidiennement. La condition de la réussite de la mise sous protection réside dans l’adhésion et l’appropriation du processus par les acteurs de base que sont les communautés villageoises.

 

La durabilité d’un aménagement du paysage forestier implique donc une amélioration des conditions de vie des populations locales ainsi qu’une diminution de l’impact des systèmes de gestion traditionnels sur la biodiversité. Afin d’atteindre ces deux objectifs, l’aménagement des paysages forestier du Menabe devrait se focaliser sur l’optimisation des techniques agricoles, le développement de l’élevage de poules et l’amélioration de la gestion des pâturages.

 

R.V.

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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