Ressources minières – Nouvelle ruée vers le saphir à Brickaville

Publié le par Alain GYRE

Ressources minières – Nouvelle ruée vers le saphir à Brickaville

Les nouvelles découvertes minières juteuses amènent surtout une facture lourde à payer pour l’environnement, comme ce fut le cas à Didy

 

20.08.201

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Un nouveau gisement de saphir vient d’être découvert dans la région de Brickaville. Des centaines de personnes seraient déjà sur place.

 

Le sous-sol de Mada­gascar est encore loin d’avoir dévoilé toutes ses richesses. Un nouveau gisement de saphir vient d’être découvert à Ambalarondro, à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Brickaville, mais difficile d’accès. Il s’agirait, selon nos informations, de saphir bleu une pierre précieuse parmi les plus chères. Des centaines de personnes dont des exploitants, mais aussi des acheteurs malgaches et étrangers, attirés par la qualité de la marchandise, seraient présentes sur place.

« Nous cherchons à l’heure actuelle le propriétaire du périmètre minier sur lequel se trouve le gisement. Mais nous disposons encore de très peu d’informations quant à la situation sur le terrain, compte tenu de l’enclavement du site qui nécessite une marche à pied de plusieurs heures », a expliqué Michael Talata, chef de région Atsinanana.

 Outre le pillage des richesses nationales, la catastrophe écologique constitue l’un des risques majeurs de ce genre de phénomène de ruée. Il est fort possible que le gisement, qui pourrait être similaire à celui de Didy ou sur d’autres sites de ce versant moyen Est du pays, soit situé en pleine forêt primaire ou même au cœur d’une réserve protégée. Dans ce cas, on peut assister à un véritable massacre de la faune et de la flore regorgeant de variétés et d’espèces endémiques. Mais l’insécurité constitue également l’un des problèmes face auxquels il faudra s’attendre. Avec la circulation d’énormes sommes d’argent  dans ce genre  de situation, les actes de grand banditisme peuvent proliférer facilement.

Mesure d’urgence

 En tout cas, le ministère auprès de la présidence chargé des Ressources stratégiques affirme avoir pris le dossier en main. Normalement, une équipe est en route pour se rendre sur les lieux pour constater de visu la situation, et étudier les mesures à prendre. Logiquement, la fermeture du site est inévitable, mais selon l’ampleur de la ruée, il est possible que des moyens importants, voire un recours aux forces de l’ordre soient indispensables. Dans ce cas, la mobilisation de quelques départements est nécessaire. C’était le cas, par exemple, à Didy où une ruée s’est déclenchée au cœur d’une réserve naturelle de forêt.

 La lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières qui peuvent entrainer des ruées  sauvages fait partie des tâches qui attendent le département de Joeli Valérien Lalaharisaina. À cause de la crise politique et l’appauvrissement de la population, ce phénomène devenu  une activité de subsistance pour beaucoup a fortement proliféré dans tout le pays. Il existe donc inévitablement  un aspect social dont il faut tenir compte dans la mission de répression. Mais une réflexion devrait également être faite sur le rôle du propriétaire du permis du périmètre minier dans lequel se trouve le gisement. Légale­ment, être propriétaire implique être également responsable des activités, mais aussi de la sécurisation du périmètre qu’il occupe. Il devrait, par exemple, signaler aux autorités lorsqu’un début de ruée a lieu, afin que l’évacuation et la fermeture puissent être faites avant qu’il ne soit trop tard.

 

Mahefa Rakotomalala

L’Express

Publié dans Revue de presse

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