RESSOURCES NATURELLES : Les tortues marines se raréfient

Publié le par Alain GYRE

RESSOURCES NATURELLES : Les tortues marines se raréfient

 1-tortue-2.jpg

Mbolatiana Andriamiarinosy, secrétaire technique du comité national de la gestion intégrée des zones côtières

 

Trois sur cinq des variétés de tortues marines à Madagascar sont en danger d'extinction. Les autorités et les acteurs concernés sonnent l'alarme.

 

Éradiquer la vente de tortues marines sur le marché local. Les participants à la réunion technique sur les prises de mesures face au trafic de tortues marines à Madagascar ont fixé hier cet objectif, pour le moyen terme. Ces derniers, composés entre autres des représentants de la Primature, du ministère des Eaux et forêts, du ministère de la Justice ainsi que du Comité national de la gestion intégrée des zones côtières, ont souligné que la consommation locale constitue le premier facteur d'extinction de cette ressource. Les statistiques qu'ils ont avancées montrent que dix à trente-huit tortues par semaine ont été capturées à Mahajanga, et les viandes sont vendues à 5000 ariary le kilo. À une certaine période, entre février et novembre 2012, cent quatre-vingt à trois cents individus y ont été capturés.

Dans le sud, une tortue marine est capturée tous les jours. Des actions de sensibilisation sont en vue pour lutter contre le fléau.

Cette mesure va progressivement évoluer vers l'application des sanctions

prévues par les textes officiels existants, la consommation locale de tortues étant interdite.

Exception

« En vue de l'éradication de la vente de tortue marine sur le marché local, il a été décidé au cours de cette réunion que des campagnes de sensibilisation seront effectuées auprès des populations. Par la suite, il a été prévu d'appliquer les textes existants. Dans ce cadre, la publication des décrets d'application est nécessaire, car ces derniers sont insuffisants, d'où la difficulté à appliquer les lois », avance Mbolatiana Andria­miarinosy, secrétaire technique du Comité national de la gestion intégrée des zones côtières (CN GIZC). Le renforcement de capacité des OPJ comprenant les agents forestiers, les forces navales, la mise en œuvre des actions de lobbying auprès des décideurs politiques pour leurs équipements, et la saisie des accessoires de pêche ont été avancés comme solutions d'atténuation. L'élaboration du plan d'action national pour la conservation des tortues sera poursuivie. Cette étape sera suivie par sa validation, et la recherche de collaboration auprès des partenaires techniques et financiers. Les mesures d'accompagnement par rapport à l'éradication de la consommation locale de tortue marine seront prises en considération, dans le cadre de ce plan d'action.

Une exception sera cependant accordée sur la consommation liée aux rites traditionnels, du côté de la population Vezo. Ces dispositions vont conforter les mesures prises au niveau local par les autorités et

autres acteurs. Dans l'Ouest du pays, des hôteliers, par exemple, ont proposé la somme de 200 000 ariary par tortue capturée par pêcheur pour relâcher les tortues.

 

 

Lantoniaina Razafindramiadana

 

Jeudi 05 decembre 2013

L’Express

 

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article