Richesses nationales: Le capital naturel se dégrade d’année en année

Publié le par Alain GYRE

Richesses nationales: Le capital naturel se dégrade d’année en année     

Mardi, 23 Septembre 2014

 

A l’horizon 2024, grâce à ses richesses naturelles et humaines, Madagascar pourrait devenir un pays exemplaire en matière de développement durable : un pays où les ressources naturelles auront contribué à réduire la pauvreté et stimuler l'économie de la nation vers une croissance soutenue et inclusive, et où la biodiversité et les paysages seront préservés et valorisés. Cette vision, d’après les données de la Banque mondiale,  nécessite la bonne gouvernance du capital naturel du pays et l’instauration d’un pacte avec les communautés locales et autorités décentralisées, les impliquant activement dans la gestion pérenne des ressources naturelles. En exploitant de manière durable les ressources naturelles renouvelables et non-renouvelables, en assurant la collecte et la gestion efficaces des recettes générées, ainsi que leur utilisation transparente et équitable, ces revenus pourraient contribuer à inverser la tendance actuelle d’une main d’œuvre peu qualifiée et des infrastructures dégradées et inégales. Les ménages seraient en bonne santé, les villes propres, et les investissements se conformeraient à la législation nationale, pour un développement harmonieux et respectueux de l’environnement. Le pays pourrait ainsi attirer les touristes à la recherche de la biodiversité, des traditions et de l'hospitalité ainsi que des paysages terrestres et marins uniques.

 

Or actuellement, d’après toujours les mêmes informations,  le capital naturel de Madagascar, qui représente plus de la moitié de la richesse totale du pays, se dégrade d’année en année. En effet, face à une population fortement dépendante des ressources naturelles, l’équilibre entre la condition humaine et le statut environnemental est extrêmement précaire. La déforestation persiste, ses causes principales étant la pratique de l’agriculture sur brûlis ainsi que la récolte de bois de chauffe et la production de charbon issus de forêts non destinées à l’exploitation et aux plantations. La déforestation se traduit par une détérioration des terres agricoles et une surexploitation des ressources forestières et halieutiques. Les trafics illicites des ressources naturelles augmentent, profitant à une poignée d’opérateurs aux dépends de la population, et ternissant l’image du pays. Les mécanismes de durabilité financière du réseau des aires protégées de Madagascar peinent à se mettre en place, et la pérennisation financière des parcs nationaux est continuellement mise en péril. La capacité de l’administration à faire face à ces défis, déjà réduite, s’est fortement détériorée avec la crise.

La Gazette

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article