Rizières: l'enjeu de la mauvaise maîtrise de l'eau

Publié le par Alain GYRE

.Rizières: L’enjeu de la mauvaise maîtrise de l’eau

Jeudi, 28 Juin 2012

La cuvette du lac Alaotra est l'une des plus grandes zones rizicoles de Madagascar, avec près de 100 000 ha de rizières dont 30 000 ha irrigués et 70 000 ha à plus ou moins mauvaise maîtrise de l’eau.

Les Rizières à Mauvaise Maîtrise d’Eau, ou celles qui ne bénéficient pas d’une irrigation maîtrisée, représentent une superficie considérable de 70 000 ha du Lac Alaotra, auxquels il faut ajouter une partie des 32 000 ha de périmètres irrigués qui n’ont pas encore été réhabilités, et dont l’aval ne reçoit de l’eau que de manière aléatoire et partielle. Et la faillite de la Somalac n’a fait qu’empirer le cas du lac Alaotra. Les périmètres irrigués et les productions rizicoles ont eu tendance à stagner.

Le lac Alaotra reste une zone d’immigration importante malgré une population rurale qui double tous les 18 ans. Le foncier est saturé dans les zones basses irrigables, les rizières à mauvaise maîtrise de l’eau et les zones de « baiboho». Et l’activité agricole a beaucoup évolué depuis les années 1960 avec de nombreux projets de développement. Les paysans ont entrepris depuis les années 1980 la colonisation des collines aux alentours, avec des pratiques culturales et pastorales devant la forte pression démographique et la saturation voire la régression des surfaces de rizières dans les zones basses et les bas fonds du fait des ensablements et inondations,

Une situation conduisant à une double problématique : mettre au point des systèmes de culture adaptés sur ces sols généralement pauvres et favoriser une nouvelle forme d’intégration de l’agriculture et de l’élevage. La baisse de la production est donc inévitable. Augmenter sensiblement la productivité des zones de bas fonds et mettre durablement en valeur des zones de colline au potentiel agronomique intéressant sont les défis à atteindre pour le projet BV Lac , installé dans la région depuis 2003

L’introduction et la diffusion de nouvelles variétés de riz poly-aptitudes pouvant être cultivées soit en pluvial, soit en irrigation et les premiers essais en milieu paysan montrent qu’il est possible dans certaines conditions d’obtenir des rendements élevés (de 3 à 7 t/ha, selon le niveau de fertilisation) sur ces rizières à irrigation aléatoire.

Les premières conclusions montrent ainsi que les systèmes les plus rémunérateurs sont les systèmes de maraîchage de saison procurant des marges brutes supérieures à Ar 1 500 000 par hectare. Viennent ensuite les systèmes à base de manioc ayant une moins bonne rentabilité de la terre (Ar 1 500 000 à l’hectare), puis les systèmes à base de céréales : le maïs variant entre Ar 1 000 000, 600 000 ,Ar 570 000) et le riz (Ar 800 000). On trouve enfin les légumineuses souterraines (arachide Ar 600 000, pois de terre Ar 450 000) et érigées (haricot – soja Ar 300 000).

Le risque est un élément central de la gestion des facteurs de production pour la plupart des paysans locaux. L’intensification est limitée par le risque climatique, important au lac et le risque économique, créé par une forte volatilité des prix intra et inter-annuels 2007 – 2008, 26,4% des paysans ont abandonné la pratique sur une ou plusieurs parcelles et 28 % des surfaces encadrées n’ont pas été pérennisés. En 2006 - 2007, les résultats montraient que 39% des paysans avaient abandonné sur une ou plusieurs parcelles et 31% des surfaces encadrées n’avaient pas été pérennisés.

NIR

La Gazette

 

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