RN4: Il est grand temps d'agir

Publié le par Alain GYRE

RN4: Il est grand temps d'agir                    

Lundi, 08 Septembre 2014

En cette période de vacances, la Route Nationale numéro 4 est celle qui est la plus fréquentée vu que Mahajanga est la destination première des vacanciers malgaches. Un statut qui lui revient automatiquement vu sa proximité avec Antananarivo ainsi que la clémence de son climat et le paysage féérique. Il est souvent évoqué que les voyages représentent un avant goût du séjour qui nous attend une fois à destination. Et si on en croit cet adage, le séjour à Mahajanga présage d'être prometteur.

 

Ce parcours de 600km hérissera les poils du fervent défenseur de la nature. Car à l'heure où l'on ne parle que de la préservation et de la protection de la nature, le spectacle sur les routes de Mahajanga de quoi ravir le coeur des plus grands pyromanes. Dans un paysage semi-aride et composé d'herbes et de savane, il est stupéfiant de voir que chaque jour des hectares de terrain partent en fumée à cause du feux de brousse. Pour le cas de Mahajanga il ne s'agit pas de culture sur brûlis car la plupart du temps il s'agit de terrains inexploitables s’agissant de terrains sans accès à l'eau élément indispensable pour toute exploitation agricole dans ce secteur. On rétorquera certainement que ces feux de brousse sont justifiés par le fait que les zébus préfèrent manger les jeunes pousses d'herbe et sans vouloir minimiser les besoins alimentaires des ruminants cette région ne comptabilise pas la plus grande exploitation de zébus pour justifier autant d'hectares réduits en cendres. Nous avons évoqué l'enfer car il est difficile de ne pas penser à l'enfer quand on traverse une route dont les deux côtés sont entourés de feux.

 

Pour le cas de cette région il s'agit certainement de renforcer la sensibilisation car au rythme où vont les choses les arbres dans cette région rejoindront les espèces disparus.

 

Et bien malheureusement les feux de brousses ne sont pas les seuls problémes rencontrés sur ce chemin car l'état de la route est si mauvais que l'on oublie les feux. A part les légendaires nids-de-poule de Tsaramandroso à l'heure où l'on parle plus aucun pan n'est épargné allant d'Ankarafantsika à Amboromalandy.

 

En effet, revendiquer le titre de  première destination du tourisme national est une chose, là maintenir et la mériter en est une autre. Paradoxalement, à l'heure où des médecins figurent parmi les plus gradés de notre pays on a tendance à laisser la maladie s'aggraver avant de la prendre en considération. Il est donc temps que les autorités majungaises s’attelent à tout faire pour adoucir les voyages de nos vacanciers.

 

Yanne Lomelle

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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