Sage-femme: Un métier qui séduit de moins en moins

Publié le par Alain GYRE

Sage-femme: Un métier qui séduit de moins en moins       

Mardi, 06 Mai 2014

Depuis plus de 15 ans, le 5 mai est dédié à l'un des plus beaux métiers du monde: il s'agit de la Journée Mondiale de la Sage-Femme. Cette journée est l'occasion de découvrir ce métier de "donneuse de vie". Cette profession comporte de multiples facettes et est encore trop méconnue du grand public.

 

« Depuis toute petite, je rêvais d’exercer ce métier. Je n’avais eu que cela en tête et mes parents m’ont beaucoup aidée » nous confie une sage-femme retraitée.

 

«  Dans notre temps, et je crois encore, être sage femme est un métier noble et on est respecté au sein d’une  famille ainsi qu’au sein d’une société » poursuit-elle. Effectivement, de nos jours, peu de jeunes pensent devenir sage-femme malgré la demande constante en la matière car le nombre de sages-femmes en exercice est très largement insuffisant à Madagascar. On recense seulement une sage-femme pour 20.000 habitants or la norme internationale exige une sage-femme pour 5000 habitants. Et le thème de l’année dernière en témoigne : «Le monde a besoin de sages-femmes aujourd’hui plus que jamais », tandis que le thème de 2014 est "Les sages-femmes changent le monde, une famille à la fois". Ce sous-thème envoie un signal fort que les sages-femmes fournissent des soins qui changent les familles, les communautés et le monde en sauvant la vie des mères et des bébés. Il soutient également que les sages-femmes professionnelles suffisamment instruites et outillées sont essentielles pour atteindre les OMD 4 et 5 (réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle).

 

 « Beaucoup de jeunes  optent actuellement pour autre chose que l’option  sage-femme. Les raisons sont nombreuses mais on rencontre tellement de métiers de nos jours notamment ceux dans les high-tech .L’informatique et l’avancée de la technologie séduisent les jeunes actuellement. Or il ne faut pas oublier que faire venir au monde un être vivant ne sera jamais remplacé par la technologie, en tout cas jusque là » ajoute-t-elle.

 

Par ailleurs, elle est consciente que ce métier est associé à d’autres pratiques, ce qui est totalement opposé à ce qui doit être fait, celle de l’avortement. «  Au lieu de donner la vie, certaines ôtent la vie » reconnaît-elle.

 

« Cette pratique a détérioré l’image des sages-femmes »

 

Les agences des Nations Unies et d'autres partenaires mondiaux reconnaissent que les sages-femmes sont la clé de la réalisation de la réduction des décès et invalidités maternelles et néonatales dans le monde. Près de 290 000 femmes et plus de 3 millions d'enfants dans le monde meurent chaque année en raison de grossesses évitables et de complications liées à l'accouchement. La plupart de ces décès seraient évités s'il y avait de sages-femmes suffisamment qualifiées et outillées. 

 

Le taux de mortalité maternelle pendant ou post-accouchement est élevé à Madagascar. Sur les 800 000 à un million d'accouchements annuels, 10 femmes meurent chaque jour pendant ou à la suite de complications après l'accouchement. D'autre part, 80% de ces accouchements sont suivis par des matrones. Une pratique qui ne risque pas de disparaître surtout dans els zones les plus reculées de l’île.

 

NIR

La Gazette

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