Saison cyclonique 2013-2014: Deux grandes villes sont à haut risque

Publié le par Alain GYRE

Saison cyclonique 2013-2014: Deux grandes villes sont à haut risque      

Samedi, 04 Janvier 2014

 

Les risques urbains constituent un grand défi pour la saison cyclonique 2013-2014.

 

Dans la capitale Antananarivo, 400.000 personnes sont menacées par des inondations, faute de curage et d’entretien des canaux. Et dans la ville portuaire de Toliara, 19.500 personnes doivent se préparer à des évacuations immédiates, faute de moyens financiers pour réhabiliter la digue du Fiherenana selon les normes anti-crues.

 

Plus, rapporte le Madagascar | Bulletin humanitaire No 01 | Septembre-Octobre 2013, Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), deux grandes villes sont exceptionnellement à haut risque pendant la saison cyclonique 2013-2014.

 

La ville d’Antananarivo, qui compte environ 2 millions d’habitants, est exposée à des risques exceptionnels d’inondation. En effet, les réseaux d’évacuation d’eaux usées, les collecteurs d’eaux des pluies et les bassins tampons n’ont été ni curés ni entretenus pendant la saison sèche de 2013.

 

Au total, près de 214 km de réseaux et 105 ha de bassins sont concernés. La dernière grande inondation survenue dans la capitale remonte à 2008 et elle a provoqué le déplacement de 20.000 personnes qui ont été accueillies dans des sites d’hébergement pendant un mois. De plus, depuis le début de la crise politique en 2009, 140.000 à 200.000 personnes par an migrent vers la capitale et la majorité s’installe, de manière informelle, dans les zones basses inondables. Avec la forte croissance démographique qui en résulte en près de 5 ans, et avec les réseaux d’évacuation d’eaux usées et de collecteurs d’eaux de pluies qui actuellement sont complètement bouchés, d’éventuelles précipitations abondantes ou même normales survenant pendant la saison pluvieuse/ cyclonique pourraient inonder une grande partie de la ville et environ 400.000 personnes en seraient menacées, outre 3.000 ha de rizières (sur les 6.000 ha existants) qui risquent d’être inondés. Pour réduire au minimum l’impact éventuel d’une telle catastrophe humanitaire, des travaux d’urgence sont nécessaires. Ces travaux, dont le coût est estimé à 1,7million de dollars US, sont notamment le curage d’urgence desdits réseaux (évacuation d’eaux usées, collecteurs d’eaux des pluies et bassins tampons) avant la période des pluies et leur entretien périodique pendant la période des pluies. L’Union européenne a financé entièrement ces travaux d’urgence.

 

L’autre grande ville sérieusement menacée, d’après toujours la même source,  est la ville portuaire de Toliara sur le littoral sud-ouest du pays, mais le problème se pose autrement. Le fleuve du Fiherenana représente une menace permanente sur cette ville, du fait de la vétusté de la digue qui la protège. Lors du passage du cyclone Haruna sur la ville en février 2013, la digue a cédé sur une longueur totale de 1,2 km et la ville fut inondée.

 

L’inondation a alors fait 26 morts, 16 personnes disparues, et 19.500 personnes ont dû être évacuées. Faute de financement, la digue n’a été l’objet que de simples travaux de réparation d’urgence : elle peut donc une fois encore céder face à d’éventuelles fortes crues. La digue est d’une longueur totale de 6 km environ mais il faut, selon les techniciens, compter 10 million de dollars US par km pour avoir des digues conformes aux normes anti-crues, ce qui relève d’une véritable gageure dans le contexte national actuel.

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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