Saison des pluies: Cauchemar des citadins

Publié le par Alain GYRE

Saison des pluies: Cauchemar des citadins              

Lundi, 06 Janvier 2014

 

Si dans le milieu rural la pluie rime avec l’espérance d’une bonne récolte de travail dans les champs, dans les grandes villes comme Antananarivo elle rime tout simplement avec le mot problème.  Il a été constaté que les habitants d’Antananarivo ne sont pas friands de pluie.

 

Les routes d’Antananarivo sont dans un état pitoyable, plus spécialemment cette année étant donné que les réhabilitations annuelles d’avant saison de pluies n’ont pas pu être faites. Alors, à chaque fois qu’il pleut, rouler dans les rues de la ville relève d’un exploit et mérite d’être cité parmi les travaux d’Hercule. Les automobilistes avancent en tâtonnant et les rues recouvertes d’eau ne permettent pas de déviner l’endroit exact où se trouvent les crevasses. Causant ainsi un énorme bouchon où il faut mettre des heures avant d’en sortir. Si l’adage affirme que le temps c’est de l’argent, il va sans dire que  les tananariviens perdent beaucoup d’ariary par jour à cause de ces incidents. Pourtant aussi incroyable que cela puisse paraître, la circulation n’est pas le souci majeur des habitants en saison de pluie. Nous ne sommes pas étrangers au fait que la majorité de la population tananarivienne vit dans l’extrême pauvreté et la plupart occupe des travaux de subsistance pour s’en sortir, tel que vendre des broutilles au marché, être lavandière, ou tout bonnement faire le porteur. Ces petits emplois sont mis en péril par la pluie et les personnes qui en vivent se trouvent dans des situations délicates. C’est donc des milliers de familles qui se retrouvent dans une situation de précarité vu que leur entrée d’argent tourne au ralenti.

 

Plus grave encore que l’état  financier de nos concitoyens, la saison des pluies bien malheureusement à Madagascar est synonyme d’épidémie et de maladies en tout genre. La grippe, la fièvre, la peste et le choléra. Le risque d’autant plus présent avec les amas d’ordures qui s’entassent dans notre ville, la commune urbaine étant complètement dépassée par les évènements. Les ordures malgaches sont aussi sources de denrées pour les familles les plus déshéritées alors qu’en cette période de pluie, ces ordures pourissent rapidement leur ôtant ainsi leur seul moyen de subsistance.

 

Plus critique encore est le cas des sans abris qui, en cette période, n’ont aucun endroit sec pour se réfugier. Les maisons de fortune en sachet qu’ils ont érigées ne sont pas assez étanches pour contenir la pluie, les tunnels sont trop humides et les verandas des magasins ne les tiennent pas au chaud. Sans parler des inondations, de véritables calvaires pour les habitants des bas quartiers qui en plus vivent avec les canaux d’évacuation des eaux usées non débouchés avec la période de pluie.

 

Ainsi donc, nombreux sont ceux qui espèrent l’arrêt de la pluie en espérant le beau temps.

 

Yanne Lomelle

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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