Scolarisation: à inciter par l'amélioration future du revenu

Publié le par Alain GYRE

Scolarisation : à inciter par l’amélioration future du revenu

     

 

Vendredi, 05 Octobre 2012

L’appauvrissement risque fort d’augmenter le nombre des enfants non scolarisés pour cette nouvelle année scolaire. Rappelons que l’année dernière, ils étaient déjà 1 million à ne plus avoir fréquenté l’école.

Le manque de moyens financiers des parents est la principale raison de ce problème et le même motif revient plus que jamais cette année. En effet, les frais des études pour un jeune qui entre dans un collège sont 2 fois plus élevés que quand il était en classes primaires, d’après les données de la Banque mondiale. Le passage vers le lycée coûte également 2 fois plus cher que les études dans un collège. Et si un jeune décroche le bac, ses parents doivent s’attendre à payer 10 fois plus qu’au lycée. Comme quoi, l’enseignement semble être l’apanage des couches plus ou moins riches, soit d’une toute petite frange de la population malagasy. Si des ménages pauvres réussissent encore à envoyer leurs enfants à l’école, c’est grâce au soutien des proches et des connaissances. En effet, les frais généraux à payer pour un enfant dans une Ecole primaire publique (EPP) est de 25 000 Ar. Soit 10 fois le revenu quotidien d’un ménage vivant en dessous du seuil de la pauvreté.

Mais d’après les données de la Banque mondiale, la communication aux élèves (garçons et filles) ainsi qu’à leurs parents de données sur les niveaux de rémunération des personnes ayant achevé leurs études primaires a entraîné une hausse du taux de fréquentation des écoles de 3,5% avant la crise. Comme quoi, la scolarisation peut être stimulée par les perspectives d’une bonne rémunération. En effet, l’Institut national de la statistique (INSTAT) précise que les revenus salariaux moyens sont de 616 000 Ar par an pour les sans instruction. Ils sont de 830 000 Ar pour ceux qui ont un niveau primaire. L’écart s’agrandit au fur et à mesure du rehaussement du niveau d’éducation. Ainsi, un salarié de niveau d’enseignement supérieur gagne en moyenne 2 839 000 Ar par an. Mais la crise aidant, les perspectives d’avenir semblent être une notion très lointaine, voire abstraite, pour les 15,6 millions de Malagasy pauvres (77% de la population). Ces ménages ne mangent déjà pas à leur faim et n’ont pas de quoi se faire soigner quand l’un de leurs membres tombe malade, etc. Bref, les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits. Il en est de même pour la scolarisation des enfants.

Or, les mesures de protection sociale n’existent pas pour ainsi dire. Même en temps de paix, Madagascar ne s’est jamais vraiment penché sur la question. En 2008, les dépenses en protection sociale ont seulement représenté 1,5% du PIB, contre 4,4% dans 9 autres pays d’Afrique. Sous l’actuelle transition, les mesures de protection sociale se sont réduites au « Tsena mora » dans lequel le régime a injecté 12 millions US$ en 2011. Par contre, il a investi l’essentiel des 100 millions US$ versés par le consortium minier chinois Wisco dans la construction de grands hôpitaux et autres infrastructures pour les étudiants et le secteur des sports. Ces investissements ne produisent rien à l’heure actuelle, alors que plus de 1 million d’enfants malagasy ne vont pas franchir la porte d’une école cette année.

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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meranthe 07/10/2012 11:02

voila une bonne idée l'école gratuite!!!