Sécurité alimentaire: Miser sur des produits autres que le riz

Publié le par Alain GYRE

Sécurité alimentaire: Miser sur des produits autres que le riz

     

 

Samedi, 27 Avril 2013 06:33

Les cyclones, les infestations acridiennes qui risquent de devenir des invasions pures et simples…

Les cataclysmes naturels se multiplient et menacent les cultures vivrières dont notamment le riz. Pour des régions comme le Menabe et le Sud du pays, les criquets ont fait beaucoup de ravages sur la riziculture. Que manger donc en dehors du riz ? La matinée d’animation organisée hier à Anosy par le Plan d’action pour le développement rural (PADR) porte sur les aliments de substitut du riz. Le secrétaire permanent du PADR, Bebe Razaiarimanana explique qu’avec les résultats de ses enquêtes, le PADR livre aux décideurs, aux ONGs…, des données pour élaborer des stratégies suivant les besoins réels du terrain. Les résultats des enquêtes effectuées par le Réseau d’observatoires ruraux (ROR) du PADR permettent d’identifier les aliments de substitut consommés par la population, la quantité et les périodes de consommation de ces produits, l’évolution de leurs prix… Ainsi à la place du riz, les gens mangent sur certaines saisons du maïs, du manioc, de la patate douce. Ils commencent aussi à adopter l’igname. Mais dans l’Alaotra, le 1er grenier à riz du pays, le régime alimentaire est essentiellement basé sur le riz.

Mais en 2011 dans cette région, l’insuffisance pluviométrique a conduit à une baisse de la production rizicole estimée en moyenne à 4 300 kg par ménage, contre 6 300 kg en 2008. Malgré tout, la consommation de riz à augmenté. Ce qui suppose des achats plus importants que d’habitude. Ainsi, la consommation de riz dans l’Alaotra est plus élevée (144 kg/tête/an) que la moyenne observée dans les autres régions ayant fait l’objet d’une enquête du ROR, soit Antsirabe, Farafangana et Ambovombe. Dans cette zone du grand sud, les sauts de repas concernent 48% des ménages en période de soudure. Ces ménages sautent le petit-déjeuner faute de moyens. Ils sont 9% en saison plus favorable. Notons toutefois que la consommation de riz a tendance à augmenter à Ambovombe pendant la soudure car le riz importé y revient relativement moins cher pendant cette saison. Car il faut noter qu’à Ambovombe, les gens écoulent des caprins et des ovins pour se procurer de l’argent pour acheter, entre autres, du riz.

En dehors de l’Alaotra, les ménages qui se nourrissent de manioc en période de soudure représentent 92% du total à Farafangana (pareil pour la patate douce), 74% à Ambovombe et 53% à Antsirabe. Sur la même période, la consommation de maïs concerne 68% des ménages d’Antsirabe, 62% d’Ambovombe. Pour Farafangana, même si l’aliment de base est plus diversifié, le niveau de consommation demeure faible : 99 kg/tête/an pour le riz, 16 kg pour le manioc. A Antsirabe, la consommation de riz est de 97 kg/tête/an, contre 34 kg pour le maïs, 25 kg pour la patate douce et 12 kg pour le manioc. Ces différents aliments de substitution apportent autant ou sinon plus d’apports nutritionnels que le riz. Mais comme pour le riz, il faut les accompagner de légumes ou de protéines comme la viande. C’est ainsi que le PADR travaille avec l’Office national de nutrition (ONN) pour assurer la sécurité alimentaire des populations-cibles via la vulgarisation de plats à base de produits locaux mais arrangés de telle sorte qu’ils donnent les apports nutritionnels nécessaires.

Fanjanarivo

La Gazette

 

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