Sites de rencontre: quand le tabou est exhibé au grand public

Publié le par Alain GYRE

Sites de rencontre: Quand le tabou est exhibé au grand public!

     

 

Vendredi, 11 Janvier 2013

Autrefois, c’étaient les parents qui cherchaient à la place de leurs enfants les maris ou les femmes qu’ils pensent leur convenir.

C’était comme une sorte de règles qui avaient régi la vie en société, notamment durant les périodes où les Malgaches avaient encore adressé plus que du respect pour leurs aînés. Aujourd’hui, c’est internet et les médias qui jouent ce rôle d’intermédiaires entre deux personnes qui veulent se correspondre et bâtir une relation.

Si la philosophie malgache prônait le « Fihavanana », la morale malgache, quant à elle, se construit sur le respect des interdits et des tabous tant sur le plan culturel, social que religieux et que d’autres nations ont bravés. A part les « fadin-drazana » (interdits des ancêtres), le sujet du sexe est compris parmi les sujets que le Malgache considère ou plutôt considérait comme tabous. Actuellement, ce qui a était resté caché est exposé au grand public. Ce qui était condamné par la loi sociale malgache a trouvé moyen de sortir de son voile. Le mode de penser du peuple malgache a été modifié avec le temps et avec les avancées des nouvelles technologies. Grâce à internet et les divers systèmes de multimédias (radios, télévisions, journaux), ce sujet de sexe se place maintenant parmi les centres d’intérêt de beaucoup d’entre nous. Combien de fois l’on a entendu parler de rencontres entre hommes et femmes depuis ces médias et combien de fois l’on s’est croisé, sans l’avoir vraiment cherché, devant des sites de rencontre sur internet que ce soit sur Facebook, sur Yahoo ou sur Google ? Contrairement aux sites pornographiques, ces sites sont mis depuis toujours à la disposition de tous, sous aucune censure.

Au premier constat, les intermédiaires laissent penser que ces hommes et ces femmes ont le choix. Ils semblent n’organiser que seulement leur rencontre et c’est aux deux correspondants de voir la suite s’ils veulent s’engager ensemble dans une relation sérieuse ou non comme ce que nous a affirmé Clémentine, une responsable d’agence de rencontre dans la capitale. « Des personnes désirant avoir un ami ou un partenaire pour une vie de couple déposent leur annonce à notre siège ou sur notre site internet et après qu’on ait publié leur annonce et que des réponses leur sont envoyées, on essaie de les faire rencontrer parce que c’est en effet notre rôle, leur faire correspondre directement. Mais la dernière décision leur revient s’ils veulent en rester là ou devenir amis ou bâtir une relation sérieuse (se marier) même » a-t-elle ajouté. Notons que sur un espace d’un mois, quatres à cinq couples qui se sont rencontrés grâce à cette agence se sont décidés à se marier, selon toujours ses propos. Mais combien de ces couples peuvent vraiment confirmer que leurs relations ont réellement duré ? Réfléchissons sur ce témoignage que Malalatiana, une jeune fille de 25 ans, nous a révélé ! «Je sortais d’une relation difficile avec mon copain qui n’a pas voulu se marier avec moi. Alors que je désirais fort de bâtir enfin un foyer. Attirée par ces annonces via internet, je pensais que j’allais trouver quelqu’un qui me correspondra et me comprendra. J’ai alors déposé une annonce qui comprenait mes renseignements et mon désir de trouver l’âme-sœur pour pouvoir enfin mener une vie à deux. Et après que quelqu’un m’ait répondu, l’agence responsable de notre correspondance a décidé du jour où on va se rencontrer et discuter de notre projet de mariage, bien évidemment si on le veut. On s’est donc rencontré et il faut que je vous dise que cette personne que j’ai supposé devenir mon mari est un étranger. C’était un détail que je ne prenais pas en compte puisque ce que je voulais c’était juste un homme prêt à se marier et construire une famille avec moi. Mais il m’a affirmé qu’il ne voulait que des relations sexuelles avec moi et j’ai réfusé. C’est en ce moment là que je me suis dit que je me suis tromper d’idée en ayant visité ce site de rencontre » a-t-elle dégagé. Encore un autre témoignage : « J’avais eu un très grave problème financier car j’avais perdu quelque chose de très valeureux que quelqu’un m’a confié durant son absence. Il m’a ordonné de le remplacer. Mais étant donné ma situation financière, je ne pouvais donc pas l’obéir. Alors une amie à moi m’a conseillé de consulter un site de rencontre sur internet. Aussitôt que je me suis connectée, j’avais réussi à trouver la « solution ». Un homme m’a proposé de coucher avec lui pour une grosse somme d’argent et non pou une relation sérieuse comme je le craignais. Et j’ai accepté … » a témoigné Hantaniaina.

Sans doute, ce sont surtout des étrangers qui annoncent, depuis ces sites de rencontre via internet et médias, vouloir un ami ou un partenaire fixe pour une relation sérieuse. Et ceux qui sont naïves, oubliant les malheureuses conséquences de leur acte en consultant ces sites et également celles qui se trouvent dans de nombreuses difficultés économico-financières mais conscientes de cette situation où seul le sexe parle, seront sûrement les premières proies de ces « touristes sexuels » si on peut les juger comme tels. Va-t-on encore croiser les bras devant de telle situation ? Car si cela continue, si ces sites de rencontre ne seront pas régis par des censures, et étant donné cette crise qui perdure, sans doute la plupart des jeunes Malgaches vont devenir indirectement …des prostitués.

Niony H.

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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