Spiruline : "Une algue dans l’assiette"

Publié le par Alain GYRE

 

Spiruline : "Une algue dans l’assiette"

 

Spécialiste de l’utilisation agro-énergétique des algues marines, le Dr Ramampiherika mise aujourd’hui sur la spiruline. Une algue bleue déjà consommée par les Aztèques, dont les propriétés nutritionnelles pourraient bien révolutionner du tout au tout notre régime alimentaire de demain.

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Directeur de recherche à l’Institut halieutique et des sciences marines de l’Université de Toliara, Daniel Kotonirina Ramampiherika étudie depuis des années les conséquences du changement climatique sur l’environnement marin et côtier du Sud-Ouest. Son diagnostic est sans appel : ce dernier est en train d’accélérer l’épuisement des ressources conventionnelles de la région et il devient urgent d’imaginer des solutions alternatives pour que les hommes puissent continuer à se nourrir, à s’habiller, à se chauffer.

 

Spécialisé en océanologie appliquée option biotechnologie, il s’est notamment intéressé dans le cadre de son doctorat à la récupération du dioxyde de carbone produit par les quelque 200 000 espèces de micro-algues qui peuplent le voisinage des côtes. « Une matière première quasi illimitée dont l’utilisation comme source d’énergie pauvre en carbone pourrait retarder de deux à soixante ans le changement climatique », estime-t-il. C’est toujours en vertu du principe « rien ne se perd, tout se transforme », qu’il en est également venu à s’intéresser à l’énergie solaire et à celle produite par l’eau de mer.

 

Aujourd’hui, c’est encore une belle promesse d’avenir qui nous arrive du grand large avec la spiruline (Spirulina arthrospira), une micro-algue aux propriétés nutritionnelles exceptionnelles, objet de toutes les attentions du chercheur. « Elle contient 115 nutriments et est mille fois supérieure aux éléments nutritifs des légumes », explique-t-il. Et comme elle est particulièrement abondante, sans doute l’une des clés de demain pour lutter contre les carences alimentaires.

 

On sait qu’elle était couramment consommée dans l’Amérique précolombienne par les Aztèques et les Mayas. Riche en protéines végétales (60 % à 70 % de son poids) et en fer (7,9 mg pour 10 g de spiruline), elle est également généreuse en bêta-carotène (10,4 mg pour 10 g) et en vitamine E (1 mg pour 10 g), de véritables boucliers pour nos cellules en raison de leurs propriétés antioxydantes. Pas mal pour un végétal qui, pris individuellement, mesure à peine un dixième de millimètre ! La mise en culture de la spiruline est l’un des grands défis que se donne le Dr Ramampiherika pour les prochaines années. Un débouché d’avenir pour le pays, assure-t-il.

 

Retana

(article publié dans no comment magazine n°34 - Novembre 2012 ©no comment éditions)

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Publié dans Revue de presse

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