Structuration de la filière miel

Publié le par Alain GYRE

Structuration de la filière miel: Soutien du CRCI pour viser le marché européen

     

 

Mercredi, 01 Août 2012

D’origine animale, le miel tout comme la viande a été sous embargo européen depuis la fin des années 90. Mais cette année, le marché européen s’ouvre de nouveau pour le miel de Madagascar.

Pour aider les acteurs de la filière à profiter de cette mesure, le Centre de ressources dédié au commerce international (CRCI) soutient actuellement la restructuration de la filière d’après Herintsalama Rajaonarivelo, président sortant du Groupement des entrepreneurs malagasy (FIVMPAMA). Ce projet passe par l’identification d’associations de producteurs. Pour ce faire, le CRCI était déjà sur terrain, soit dans l’Amoron’i Mania, l’Atsimo Atsinanana, l’Atsinanana et à Morondava. Les associations seront regroupées en clusters et non en coopératives. En effet, le CRCI a remarqué que parmi les problèmes rencontrés sur terrain, il y a le manque de confiance des producteurs. Ces derniers ne veulent plus être le dindon de la farce, comme ils l’ont toujours été avec la nuée d’intermédiaires qui les spolient. C’est pour cette raison que le CRCI veut privilégier les clusters ou les grappes d’entreprises pour répondre à la demande européenne.

Celle-ci se chiffre par dizaines de tonnes par an d’après des producteurs de Manakara. Les initiateurs de la miellerie de Manakara censée être opérationnelle en octobre prochain avancent que cette demande est de 15 à 50 tonnes par an. Grâce à l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD) pour le CRCI et le projet CAPEXPORT, la relance de la filière miel pour le marché européen bénéficiera du soutien de ces deux projets en amont comme en aval. Le CRCI s’occupe de la structuration de la filière et plus particulièrement de la production, alors que le CAPEXPORT est appelé à prendre en charge le côté exportation. Notre interlocuteur rappelle que le CRCI a obtenu de l’AFD 1,1 million d’euros, contre 900 000 euros pour CAPEXPORT. Le CRCI entend toutefois proposer le miel de Madagascar sur le créneau du commerce équitable. De quoi éviter les intermédiaires et payer les producteurs à juste prix. Au niveau de la production, la qualité pose encore problème. Si le marché demande, par exemple, du miel biologique, la traçabilité et la maîtrise des résidus chimiques pouvant contaminer les essences mellifères ne seront pas faciles à maîtriser.

Voilà pourquoi il est encore très difficile pour les produits de Madagascar d’entrer sur le marché américain où le Food and drug administration (FDA) est encore plus pointilleux que les autorités européennes. En attendant, la miellerie de Manakara aura pour mission de répondre à la demande européenne. Une coopérative locale se chargera de la gestion. Elle travaille avec une coopérative française sous tutelle de l’association française de solidarité nationale ou Agriculteurs français et développement international (AFDI).

Fanjanarivo

La Gazette

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