Tahala Rarihasina: La femme sacralisée avec "Sandratra aina"

Publié le par Alain GYRE

Tahala Rarihasina : La femme sacralisée avec « Sandratra aina »

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Joël Pèlerin et Fidisoa Ramanahadray, complices dans l’exposition « Sandratra aina »

Les objectifs de Fidisoa Ramanahadray et Joël Pèlerin se sont associés à la féminité, une canonisation de la femme en image. L'exposition se tient au Tahala Rarihasina.

La vie a une grande valeur pour le médecin Joël Pèlerin. Ainsi, il s'est mis à la décliner dans l’une de ses passions, l'art. De la photograhie de nu artistique, il se déchaîne dans l'exposition qu'il réalise actuellement au Tahala Rarihasina à Analakely avec Fidisoa Ramanahadray et Alice Ranorojaona Pèlerin.
Depuis hier, une trentaine de photographies sont éxposées sur les lieux pour « Sandratra aina ». Un style qui montre un monde ignoré, pour ainsi dire le hors-champ de la vie. En pierre d'achoppement, les séries de photos de Fidisoa Ramanahadray. Il s'est rendu témoin d'une véritable naissance. Une femme qui grimace. Une petite tête qui se fait entrevoir. Un petit être rose fripé sur un corps fatigué.
La première bataille de la vie grâce à des images au cœur du réel. En contraste, pour donner un sens à ce vécu acculant, Joël Pèlerin offre des clichés artistiques, et quelque peu formalistes, dévoilant « tout ce que chaque femme exprime, chaque femme est unique », comme il l’affirme.
Rien que femme
« Te grandir en moi/Une des plus grandes missions/De mon passage ici bas/A été le miracle/Qui aura réussi/À lever les obstacles … », agrémente l’exposition de vers de la Dr Alice Ranorojaona Pèlerin .
Vingt ans de carrière dans la médecine a permis au couple Pèlerin d'aller au delà du médical.
« Nus, nous sommes tous pareils. On s'exprime par le corps », souligne Joël Pèlerin.
L'artiste veut sortir la femme de ce cocon identitaire dans lequel la société l'a mise. Sa phrase qui pourrait heurter la fierté du macho.
« Une femme mariée. Mais on n'appartient à personne. Il y a le respect mutuel mais aussi une certaine liberté pour elle », ajoute t-il.
Pour comprendre la philosophie de cette exposition, il faut scruter chaque cliché. Telle cette fierté de Joël Pèlerin. Ou les couleurs malgaches, vert, blanc et rouge, drapées par trois femmes qui ont chacune leur histoire.

Maminirina Rado

Mercredi 07 novembre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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