Tampoketsa: Une partie, valorisée par la communauté locale

Publié le par Alain GYRE

Tampoketsa: Une partie, valorisée par la communauté locale       

Lundi, 28 Avril 2014

Le très connu paysage de savane de Tampoketsa à Ankazobe change de visage depuis quelques mois. Sur quelques kilomètres en effet, une vaste étendue de la colline autour du fragment de la forêt d’Ankafobe est labourée par un tracteur. C’est pour le besoin d’activités agricoles menées par la communauté locale ou la VOI Sohisika, avec le soutien de Missouri botanical garden (MBG). Le projet consiste à restaurer l’écologie de ce paysage unique du haut plateau malagasy. Parler de restauration écologique, c’est faire intervenir à la fois environnement, ingénierie écologique et créativité en matière de design environnemental, sans oublier bien sûr le volet développement local. Pour ce projet sur Tampoketsa, le processus consiste d’abord à planter un mélange d’espèces qui serviront d’ombrage et des espèces qui amélioreront le sol en termes de nutriments et de biomasse organique. Il contribue en même temps à l’amélioration des conditions de vie des riverains qui participent activement à ce processus. Il permet également à la communauté locale d’expérimenter de nouvelles techniques agricoles. Il faut remarquer, en effet, que les plantes utilisées pour améliorer la qualité du sol trouvent leurs mérites dans l’agriculture. 

Une fois le sol amélioré, on procèdera à la plantation d’espèces d’arbres pour la restauration proprement dite de la forêt. Mais pour l’heure, les membres de l’association VOI Sohisika plantent du « voanjobory » sur plus de 25 ha. La récolte est prévue pour le mois prochain. Mais d’ores et déjà, les membres de l’association se tiennent prêts pour la 2ème phase du projet, soit la restauration du paysage de Tampoketsa. MBG note que ce modèle de restauration a réussi à Ankazobe avec l’engagement de la communauté locale. Comme quoi, quand on conjugue développement local et actions de conservation et/ou de restauration, l’environnement et l’homme sont tous les deux pris en compte dans les mêmes actions et les bénéfices sont réciproques pour ces deux dimensions. Rappelons que Tampoketsa compte une espèce endémique appelée « sohisika » ou Schizolaena tampoketsana. Cet arbre qui ne se trouve nulle part ailleurs que sur cette zone a été découverte grâce à une mission d’inventaire menée par l’équipe de MBG dans la réserve nationale d’Ambohitantely.

 

Cet arbre d’une longueur d’une dizaine de mètres est devenu ainsi l’ambassadeur d’Ankazobe, une zone connue pour ses intenses feux de brousse. Mais la préservation de la forêt de la zone combinée avec le développement local devrait faire baisser les pressions sur cet arbre endémique dont notamment les feux de brousse et l’exploitation forestière. Notons qu’outre les aspects de développement et de préservation, le plateau du Tampoketsa constitue un bon plan tourisme, d’autant plus qu’il se trouve sur la RN4 qui mène à Mahajanga. Ce plateau se situe d’ailleurs à 132 km seulement de la capitale.

 

Recueillis par Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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