Toamasina-Foulpointe en trois heures

Publié le par Alain GYRE

Toamasina-Foulpointe en trois heures

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Une portion la mieux carrossable de la route Toamasina-Foulpointe

 

La route reliant Toamasina à Foulpointe se dégrade de jour en jour. Certains points noirs sont déjà quasi infranchissables pour les petites voitures.

 

La galère. « Si vous avez une petite voiture, il vaut mieux la laisser à Toamasina». C'est le conseil donné par un vacancier qui s'était rendu à Foulpointe, cette semaine. Et pour cause, les 60 km de route qui sépare la capitale du Betsimisaraka à ce site qui abrite l’une des plus belles plages de Madagascar est dans un état désastreux.

La chaussée a subi une dégradation avancée sur presque 80 % de route et les voitures sont obligées de rouler à une vitesse maximum de 30 km à l’heure. Il faut trois heures de temps pour rallier Foulpointe par beau temps. Et la situation est encore pire lorsqu'il pleut, ce qui est souvent le cas dans cette partie du pays.

«À plusieurs endroits, notamment à partir d'Antetezambaro, la voiture est obligée de franchir de véritable mare d'eau très profonde. Pour la première fois, j'ai vu des vacanciers faire demi-tour en voyant l'état de la route », témoigne un riverain.

Des remblaiements ont quand même été effectués par une entreprise, il y a quelques mois, mais la situation s'est encore dégradée davantage, aujourd'hui. À cause de la pluie, certains des points qui ont été remblayés sont devenus quasi infranchissables.

Dégradation

« Sans la couche de bitume, la terre sableuse qui fait la particularité de cette zone ne résiste pas longtemps au passage des voitures. Ce qui explique cette aggravation de la situation », affirme un autre usager de cet axe.

Les camions de la compagnie minière Mainland, qui exploite l'ilménite de Soanierana-Ivongo, ont été à l'origine de cette dégradation avancée de cette portion de la RN 5. L’État a décidé de sanctionner la société en suspendant son autorisation d'exploitation, en 2011. Avec quelques mesures pour réhabiliter des dégâts sur l'environnement, la réfection de la route de Foulpointe a été l’une des principales conditions imposées à Mainland pour la levée de suspension de son autorisation. Mais le calendrier des travaux n'a jamais pu être respecté. Sous la pression, le chantier a quand même pu démarrer en 2012 mais il a ensuite été suspendu à cause d'une défaillance technique et de problèmes de financement.

Au mois de juillet, le ministère des Travaux publics avait annoncé la reprise de la réhabilitation avec la sélection d'une nouvelle entreprise pour sa réalisation. Mais jusqu'ici, aucun signe d'un éventuel début de chantier n'est encore visible sur place.

 

 

Mahefa Rakotomalala

 

Vendredi 09 août 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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