Toliara : Haruna laisse une image d’apocalypse

Publié le par Alain GYRE

Toliara : Haruna laisse une image d’apocalypse

1-huruna1.jpg

Les gens essaient de se sauver en attendant du secours dans une rue de Toliara devenue un fleuve

Le cyclone Haruna et les fortes pluies qui l'ont accompagné vendredi dernier ont fini par faire sortir le fleuve Fiherena de son lit, provoquant une grave inondation à la sortie de la ville de Toliara.

La population de la ville de Toliara et ses environs immédiats sont en proie aux tourments après avoir vécu l’une des plus importantes inondations de leur histoire, 35 ans après le déluge causé par le cyclone Angèle au mois de février 1978.
En effet, après avoir subi toute la journée du vendre­di 22 février des vents de 150 à 180 km/h, avec des rafales allant jusqu'à 200 km/h, du cyclone Haruna, une bonne partie de la population a été réveillée par des trombes d’eau qui s’invitaient brusquement dans leurs maisons au petit matin.
Et pour cause, les eaux du fleuve Fiherenana qui, gonflées par les pluies persistantes durant plusieurs jours, ont causé des fissures dans la digue et même détruit un pan entier du barrage, au niveau de la Commune rurale de Miary sur une longueur de 1500m à Akoronga. Plus loin, à Belemboka ce sont 200 m de la digue qui sont emportés en totalité, causant des brèches géantes selon un ingénieur des travaux publics à Toliara.
Du coup, une grosse vague, boueuse et saumâtre provenant du fleuve, prise d'une frénésie dantesque, gonfla, s'amplifia, se métamorphosa, pour déferler vers l’entrée de la ville de Toliara. Elle monta à plus de trois mètres et commença par attaquer les quartiers bas, balayant les maisons sur son passage et terminant sa course à la mer. Quelques Fokontany sont immédiatement touchés et inondés, à savoir, Anketraky, Tsongobory, Besakoa, Anketa, Andaboly, Ambo­hitsabo, Tsianaloka, Anta­ravay Antaninarenina.
À partir de 7h du matin, les Tuléarois, avertis par cet événement catastrophique, ont commencé à converger vers le lieu au niveau d’Antaninarenina, mais ils ont assisté impuissants, à des scènes ahurissantes.
Impuissance
En effet, ils ont vu des personnes visiblement coincées par les eaux, bras en l'air, demandant du secours, et n’ont pu rien faire pour elles, se rendant à l'évidence macabre et silencieuse, car personne ne pouvait les aider ou les secourir. Ils étaient livrés à eux mêmes, pris au piège. Chacun se débattait pour s'en sortir, assailli de partout par les trombes d'eaux qui continuaient à se déverser telles des vagues, impuissants et sans secours, criant, sans qu'ils ne trouvent une main secourable.
Vers midi les premiers secours arrivèrent sur place avec une vedette du corps de la protection civile et une vedette de la société de pêche Copefrito, qui ont recueilli et sauvé les survivants de ce naufrage collectif. À cet effet, l’utilisation de dix vedettes à moteur et de quinze pirogues des pêcheurs a été nécessaire tout la journée pour évacuer les personnes isolées. Au moment de l’inondation, des personnes ont péri noyées ou ont été frappées par les décombres emportés par le courant. D’autres personnes ont disparu sous les eaux. « Cette inondation a fait 11morts, 16 disparus, 17 blessés et plusieurs sinistrés », a précisé le Colonel Miha, du BNGRC, dans un nouveau bilan provisoire, dimanche matin.
Les victimes de l’inondation ont quitté leur logement vers des abris tem­po­raires où huit sites les attendaient dans la ville. Entre autres, les Tuléarois subissent un manque d’électricité et d’eau potable depuis vendredi. Une cellule de crise, dirigée par la chef de région, a été mise en place et a pu immédiatement recueillir les premiers dons. L’une des premières donatrices est la ministre Elisa Razafitombo, qui a offert une tonne de riz blanc aux sinistrés.
Le drame du samedi 24 février restera gravé dans la mémoire des survivants et inscrit dans l’histoire, voire dans les annales de la ville de Toliara et ses environs.

Francis Ramanantsoa

Lundi 25 fevrier 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article