TOLIARA : Les habitants de Miary reconstruisent leur vie

Publié le par Alain GYRE

TOLIARA : Les habitants de Miary reconstruisent leur vie

toliara.jpg

Les habitants bénéficient d’assistance alimentaire dans le cadre du programme «Vivres contre actifs» du PAM

La réhabilitation des infrastructures agricoles ensablées et bouchées, à la suite du passage du cyclone Haruna, est une priorité. Elle est essentielle pour le retour à la normale du quotidien des habitants de Toliara II.

Il est presque midi, et le soleil est au zénith dans le ciel de Miary, commune rurale de Toliara II située au bord du fleuve de Fiherenana. Son lit qui avait débordé lors du passage du cyclone Haruna est presque sec. Mais la chaleur et la sécheresse qui règnent sur la localité ne semblent pas réduire l’ardeur à la tâche des hommes et des femmes en train de curer les canaux d’irrigation se trouvant de l’autre côté de la digue.
« Ils sont pressés de voir finir ce travail », explique Eliane Rasoamananjary, responsable de projet au sein du Conseil diocésain de développement (CDD) de Toliara, organe coordinateur des travaux.
A entendre Joséphine Alberte, l’une des habitantes travaillant sur le chantier, « dès que ce canal est à nouveau fonctionnel, l’eau va pouvoir irriguer nos champs et nous reprendrons nos cultures ». Miary, l’un des principaux greniers de Toliara et de ses environs, pourra alors de nouveau mettre ses fruits et légumes sur le marché. « Et nous, nous commenerons à retrouver le cours normal de notre vie », poursuit encore Jeanne Alberte.
Pour l’instant, le quotidien de cette quadragénaire, mère d’une famille de huit enfants, reste encore perturbé. Depuis que les eaux du Fiherenana, qui ont quitté leur lit après avoir fait céder la digue de Miary, ont emporté sa maison et détruit les cultures qu’elle avait dans les champs, elle vit chez des proches parents non frappés par le sinistre.
Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle se rend tous les matins sur les chantiers de reconstruction et d’assainissement des localités touchées par les inondations. En échange de ce travail coordonné par le CDD Toliara, elle reçoit tous les dix jours, de la part du Programme alimentaire mondial (PAM), une ration familiale de 24 kilos de maïs et de 3 kilos de légumineuses. Tous les après-midis, elle part à la recherche de bois de chauffe qu’elle va ensuite vendre « pour gagner un peu d’argent ».
Assistance alimentaire
Jeanne Alberte reconnaît que revenir à sa vie d’avant ne sera pas facile.
« L’idéal serait que des organisations puissent encore nous aider dans la reconstruction de nos maisons », glisse-t-elle, s’empressant de remercier le PAM et le CDD pour leur appui. « Cela nous a au moins permis de manger à notre faim et en même temps de commencer à rebâtir ce que le cyclone a détruit », lance-t-elle. «Mais, il faudra du temps pour que la prochaine récolte produise de quoi nous permettre de retrouver la normalité», déplore-t-elle.
Comme celle de Jeanne Alberte, 700 familles issues de sept fokontany de Miary, regroupant environ 3 500 personnes sinistrées après le passage du cyclone Haruna, dépendent, aujourd’hui, de l’assistance alimentaire à travers les activités « Vivres contre actifs » du PAM. Pour trente jours de travail, qui ont commencé le 11 mars pour se terminer le 19 avril, 50,4 tonnes de maïs et 6,3 tonnes de légumineuses leur seront distribués.
A la fin de « Vivres contre actifs », les habitants de Miary vont encore pouvoir bénéficier d’un programme « Argent contre actifs » qui débutera en mai. « Le transfert d’espèces permettra aux bénéficiaires d’acheter leur propre nourriture et varier leur consommation alimentaire », indique Robert Guiradoumbaye, chef du sous-bureau de Toliara du PAM.

Urgence et immédiateté
Le programme « Vivres contre actifs » du PAM est aussi mis en œuvre dans deux fokontany de Toliara I et à Morombe. Selon les chiffres de l’agence onusien, 13 000 personnes, au total, bénéficient du programme, à raison de 7 500 à Morombe, 3 500 à Toliara II et 2 000 à Toliara I. 170 tonnes de vivres leur sont distribués en échange de trente jours de travaux d’assainissement.
Ces tâches consistent, notamment, à drainer des canaux, à désensabler et à réhabiliter des infrastructures détruites par le cyclone Haruna. Avant ce programme, juste après le passage de celui-ci, le PAM avait déjà apporté une assistance alimentaire auprès d’environ 32 000 personnes déplacées à Toliara et à Morombe. Cinq tonnes de biscuits énergétiques, 8 tonnes de légumineuses et 2 tonnes d’huile enrichie en vitamine A ont alors été distribuées au cours de cette assistance alimentaire immédiate qui s’inscrit dans le cadre du programme de secours et de redressement du PAM.

Bodo Voahangy

Mardi 09 avril 2013

 

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article