Toliara : Silencieuse agonie des tortues marines

Publié le par Alain GYRE

Toliara : Silencieuse agonie des tortues marines

 

27/08/2013

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Une tortue de mer se négocie autour de 260 000 ariary. Une fois morte, sa carapace est vendue à 60 000 ariary, sa viande est écoulée à 6 000 ariary le kilo.

 

Le braconnage de tortues marines prend de l’ampleur à Toliara. A Mahavatse II par exemple, tout près du bureau de la brigade de la sécurité routière de la gendarmerie et de celui du fokontany, une marchande met sur le feu une grande marmite de viande de tortue marine, ainsi qu’une cocotte de sang du reptile à carapace. La commercialisation et la consommation des tortues marines sont en recrudescence depuis 2009 dans le Sud-Ouest de l’île. Profitant de la défaillance des autorités, notamment la direction régionale de la pêche et ressources halieutiques. Les trafiquants et commerçants illicites opèrent en toute impunité. C’est la silencieuse agonie des tortues marines dans cette région.

 

6 000 ariary le kilo. Une tortue de mer se négocie autour de 260 000 ariary. Une fois morte, sa carapace est vendue à 60 000 ariary, sa viande est écoulée à 6 000 ariary le kilo. Dans une gargote de Mahavatse II, le morceau de viande est vendu 500 ariary. Cette gargotière n’est pas la seule à proposer à ses clients ce plat. Mais les activités prohibées sur ces espèces protégées ont repris de plus belle à Toliara, depuis 2009. D’autres gargotiers de la ville en servent, tandis que des marchands ambulants en vendent dans les marchés. Selon le responsable au sein de la WWF de Toliara, cinq à six tortues marines sont tuées par jour pour le commerce, actuellement, voire plus.

 

Infractions avérées, aucune condamnation. D’après les explications d’un habitant de la Cité du Soleil, le Fano (tortue marine) est une habitude alimentaire locale que des orateurs avaient incité les gens à la désobéissance civile. Face aux infractions avérées contrairement à la gestion du cas du Nord-Ouest de l’île, les responsables et les dirigeants n’interviennent pas. « Les tortues marines deviennent un outil politique et les relations des pêcheurs Vezo avec les tortues marines ont un aspect cultuel et culturel. Pour eux, elles ont les mêmes valeurs culturelles que les zébus », observe-t-il. D’après nos investigations, aucun dossier relatif à la pêche ou à la vente de tortues marines n’a été transmis au parquet du tribunal de Toliara, ces dernières années un magistrat auprès de l’une de ces juridictions indique, pourtant que « la seule détention de tortues marines constitue une infraction et les contrevenants s’exposent à une peine de prison de six mois à deux ans et/ou à des amendes allant de 10 à 50 millions d’ariary ».

 

Volonté politique.Volonté politique et synergie entre toutes les entités est la seule issue pour stopper cette commercialisation. Hélas sur le « flou » autour des textes régissant la protection des tortues marines, les forces de l’ordre ignorent que les tortues marines sont aussi protégées comme les tortues terrestres. Mais, ces reptiles à carapace sont inscrits dans l’Annexe I de la CITES. Sur les huit espèces de tortues marines recensées dans le monde, cinq se trouvent à Madagascar et sont toutes menacées d’extinction.

 

Manitrisa

Midi Madagasikara

Publié dans Revue de presse

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