Trafics de tortues: Un nouveau projet pour l’éradiquer

Publié le par Alain GYRE

Trafics de tortues: Un nouveau projet pour l’éradiquer       

Mardi, 13 Mai 2014

Le consortium baptisé « The international angonoka working group » a été formé pour mener des actions de conservation au niveau international en faveur de la tortue à soc ou « angonoka ».

 

Il a tracé récemment une nouvelle voie pour combattre le commerce illégal d’un des reptiles les plus menacés (avec moins de 500 individus dans la nature). Ses experts vont traiter tous les aspects du commerce d’ « angonoka » qui va de la protection de ces animaux dans la nature jusqu’au suivi des marchés en Asie du sud-est. Cette nouvelle approche consiste en des techniques de suivi et de protection des animaux dans la nature. Elle implique des gardiens issus de la communauté locale et des agents du parc national. Les analyses du marché permettront d’avoir une image complète de la filière qui va jusqu’aux dealers en Asie du sud-est. Et avec l’aide des douaniers britanniques, des douaniers et officiers de police judiciaire locaux bénéficieront d’une formation pour augmenter le nombre des saisies sur le territoire malagasy. Rappelons que pour les trafics de bois de rose, des organisations internationales ont adopté une approche similaire. Elles ont interviewé en 2010 et 2011 des entreprises installées en Chine et qui ont livré des noms de hautes personnalités de la transition malagasy supposées tremper dans ces trafics.

 

Mais à Madagascar, personne n’a levé le petit doigt pour diligenter une enquête. Le président de la république a déclaré qu’il voulait faire de la lutte contre les trafics de bois précieux une affaire personnelle. On attend la suite après les premiers feux de paille couronnés par des saisies massives suivies d’une forte reprise des trafics. Pour les tortues, le projet évoqué plus haut est l’un des 5 premiers projets appuyés par l’International wildlife trade initiative (ou initiative sur le commerce international d’espèces) financée par le gouvernement britannique. Les « angonoka » sont très recherchés par des collectionneurs d’animaux de compagnie de par leur belle carapace dorée et leur rareté. C’est ce qui fait monter les demandes et les prix sur le marché international. Cette espèce très menacée mais moins connue que l’éléphant et le rhinocéros, fait l’objet de trafics intenses depuis 2009. Le résultat est catastrophique : le nombre de tortues dans l’habitat naturel a baissé de 30% ces 3 dernières années.

 

A ce rythme-là, l’espèce est menacée d’extinction, d’autant plus qu’elle ne s’acclimate que sur une zone restreinte, soit le nord-ouest de Madagascar. Chez Durrell wildlife conservation trust, on rappelle que la lutte contre les trafics illicites de tortues à soc a commencé en 1986 est s’est soldée par la création d’un parc national, des projets de reproduction et de lâcher de l’espèce réussis, de nombreux projets engageant la communauté locale. Mais l’envolée du marché noir d’animaux de compagnie en Asie du sud-est a changé la donne. Les partenaires du projet cité plus haut sont Durrell wildlife conservation trust, Traffic south east Asia, Wildlife conservation society, Turtle conservancy, Alliance voahary gasy, Madagasikara voakajy, UK border force, Madagascar national parks et le ministère de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts, le gouvernement de Madagascar.

 

Recueillis par Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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