Trafics sur la flore: Un grand défi à coup de milliards US$

Publié le par Alain GYRE

Trafics sur la flore: Un grand défi à coup de milliards US$

   

 

Vendredi, 12 Avril 2013

Des milliards de dollars. Ce sont les bénéfices récoltés par la firme américaine ayant exploité la pervenche de Madagascar comme médicament contre le cancer. « Mais, cette exploitation n’a rien apporté ni au pays ni aux communautés de base d’où ont été extraites ces plantes ». C’est ce que souligne Andry Andriamanga, coordonnateur national de la plateforme de la société civile pour l’environnement, Alliance voahary gasy (AVG). C’était hier à Antanimora lors de l’ouverture de la formation des officiers de police judiciaire. Le coordonnateur national précise que les trafics illicites sur la flore constituent un grand défi pour Madagascar. Il rappelle qu’en septembre 2011, le pays a signé le protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages tirés de l’utilisation des ressources génétiques, des connaissances traditionnelles associées à ces ressources. La ratification de cette convention attend, par contre, la mise en place d’un parlement élu et donc le retour à l’ordre constitutionnel. Sur le papier, la convention est une belle chose, mais sa mise en œuvre est une autre paire de manche. C’est dans ce sens que l’AVG travaille également sur l’accès et le partage des avantages cités plus haut.

Notons que des ressources génétiques sont prélevées du pays pour servir dans l’industrie pharmaceutique et de la cosmétique. Si quelques firmes étrangères communiquent parfois sur les répercussions socioéconomiques de leurs activités sur la population locale, d’autres ne disent rien. Des firmes mondiales de la cosmétique sont à classer dans la première catégorie. Ce n’est pas le cas pour la grande majorité des unités pharmaceutiques. Cette opacité laisse libre cours aux rumeurs comme quoi, des ONGs et grosses institutions internationales de la conservation environnementale seraient de mèche avec des industries pharmaceutiques dont certaines financent ces ONGS et institutions. L’approche serait de piller des ressources génétiques des pays pauvres, sans rien débourser ni à l’Etat ni aux communautés locales. Rappelons aussi que lors de la présentation de son rapport analytique le 4 mars dernier à Anosy, la Banque mondiale a remarqué que des données sur la dégradation de l’environnement étaient exagérées, notamment dans les années 90. C’était une manière pour des ONGs et des institutions internationales d’obtenir le maximum de financement auprès de leurs bailleurs de fonds dont des riches philanthropes mondiaux.

Concernant les trafics illicites sur la faune, les saisies se sont multipliées en 2012 et dès le 1er trimestre 2013. Ainsi, 393 tortues ont été saisies en 2012 selon le coordonnateur national de l’AVG. Pour le 1er trimestre de cette année, 75 l’ont été en Thaïlande et 272 à l’aéroport d’Ivato.

Fanjanarivo

L’Express

 

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