Tromperie de Kotofetsy et Mahaka envers un homme riche.

Publié le par Alain GYRE

186 Tromperie de Kotofetsy et Mahaka envers un homme riche.

Un jour, Kotofetsy et Mahaka portaient un panier contenant un dindon sous les ailes duquel ils avaient mis des morceaux d’argent.

Arrivés devant la case d’un homme qu’ils savaient être riche, ils entrèrent et dirent au maître de la maison :

« Nous passions par hasard devant votre porte : nous avons jugé bon de venir vous rendre visite. »

« Que portez-vous dans ce panier, demanda l’homme ? »

« Un oiseau qui pond de l’argent et des perles. Le roi nous a demandé de le lui apporter pour nous l’acheter. »

« Montrez-le moi, reprit le richard ; que ce soit le roi ou moi qui vous l’achète, l’argent aura la même valeur ; il faut seulement que nous nous entendions sur le prix. »

« Nous ne pouvons pas vous le montrer, dirent les deux compères ; le roi en serait fâché s’il l’apprenait. Cet oiseau pond de l’argent. »

« Cet oiseau pond-il vraiment de l’argent, demanda l’homme ? »

« Oui, répondirent Kotofetsy et Mahaka . »

Sur cette affirmation l’homme offrit de l’acheter, mais les deux fourbes se refusaient à la vendre.

Enfin le richard promit de le payer très cher, s’il le voyait pondre de l’argent devant ses yeux.

Kotofetsy et Mahaka prirent immédiatement le dindon dans le panier et lui dirent ensuite :

 

Tromperie de Kotofetsy et Mahaka envers un homme riche.

« Oiseau d’argent ! Oiseau de perle ! ponds de l’argent. Voilà quelqu’un qui te désire. »

Et ils se mirent à siffler.

Le dindon agita aussitôt ses ailes et les morceaux d’argent tombèrent par terre.

L’homme riche, émerveillé, offrit successivement 10, 20, 50 piastres ! pour le dindon sans pouvoir l’obtenir.

Il pria ensuite Kotofetsy et Mahaka de recommencer l’expérience. Elle se répéta avec le même succès : un sikafy tomba sur la natte. L’homme en offrit 100 piastres après en avoir référé à sa femme qui l’engagea à conclure le marché. La somme payée, Kotofetsy et Mahaka avertirent l’homme que le dindon ne pondrait plus de la journée, mais qu’il recommencerait à pondre le lendemain., matin et soir, au moyen du procédé qu’ils avaient employé devant lui.

Le lendemain, l’homme prit le dindon à part et siffla comme l’avaient fait Kotofetsy et Mahaka. Il tomba de ses ailes un morceau d’argent de la valeur d’un varifitoventy ! Mais ce fut tout ; il ne restait plus rien de l’argent qu’on lui avait mis sous l’aile. L’homme espérant que la récolte serait meilleure le lendemain, enferma le dindon pour être sûr que l’argent ne serait pas volé. Elle fut absolument nulle, et l’homme et sa femme s’aperçurent qu’ils avaient été trompés par Kotofetsy et Mahaka. Et ils étaient d’autant plus navrés qu’ils avaient payé 100 piastres un oiseau qui ne vaut qu’un venty.

1 piastre : 5 francs

1 sikafy : la huitième partie d’une piastre, 0,625 franc

Varifitoventy : environ 0,05 centimes

Venty : environ 0,80 franc

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Recueillis, traduits et annotés par

Gabriel FERRAND 1893

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