Un lac oublié...

Publié le par Alain GYRE

Un Lac oublié…

     

 

Lundi, 12 Novembre 2012

A chaque 11 novembre, une cérémonie de dépôt de gerbes a lieu au monument aux morts du Lac Anosy. Ce site est chargé d'histoire.

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Nous reprenons ci-après un extrait d'un document de l'historien Eric Jennings, enseignant à l'université de Toronto (Canada). C'est dire que ce monument historique mérite d'être entretenu... En fait, cet endroit est, depuis ces dernières années, " profané " par des SDF de la capitale.

"Le monument aux morts du Lac Anosy reprend des formes malgaches, tout en occupant un haut lieu de la monarchie merina. Force est de constater que les relations entre les autorités françaises et la royauté merina furent complexes. D'un côté, les conquérants décriaient le despotisme des reines merina, qui semblaient incarner l'antithèse de l'esprit républicain.

Après tout, les autorités coloniales avaient banni la dernière reine de Madagascar. Mais d'un autre côté, les colonisateurs se vêtirent sciemment du prestige et de l'héritage royal, en mandatant par exemple les corvées, comme jadis fanampoana.

Comme le savaient pertinemment les colonisateurs, le Lac Anosy avait rempli un rôle essentiel sous la monarchie merina. Ida Pfeiffer, qui avait visité l'île en 1857, apporte une description précieuse de l'îlot d'Anosy au milieu du dix-neuvième siècle : " La reine fit une excursion dans le voisinage, à un de ses châteaux de plaisance située au pied de la colline, dans une île au milieu d'un grand étang. Toutes les fois que la reine fait des excursions, tous les officiers, les nobles et les Européens établis à Tananarive sont dans l'obligation de l'accompagner ".

L'excursion était effectivement courte, mais avant l'expansion prodigieuse de Tananarive au vingtième siècle, le Lac Anosy faisait figure de retraite ou de résidence secondaire de banlieue. Ce n'est que plus tard en 1924, avec l'élargissement du plus grand Tananarive, que le Lac Anosy, en contrebas du quartier d'Isoraka, se trouva soudain au cœur de la nouvelle capitale conçue par les urbanistes français.

Deux photos prises par des missionnaires norvégiens dans les années 1880 témoignent des multiples fonctions précoloniales de l'îlot d'Anosy. Sécurité, dimension cérémoniale, logement de l'entourage royal, impératifs de villégiature s'y voient confondus."

Recueillis par F. R.

La Gazette

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