Vacances à Mahajanga: Aucun effort de fidélisation

Publié le par Alain GYRE

Vacances à Mahajanga: Aucun effort de fidélisation          

 

Lundi, 18 Août 2014

La ville de Mahajanga reaffirme son statut de la première destination du tourisme national à Madagascar.  A l’heure où l’on parle, trouver une chambre d’hôtel non occupée dans la Ville des fleurs est une mission quasi-impossible. C’est en effet le grand paradoxe du développement touristique de la ville. Malgré ce titre, la ville n’est pas prête pour acceuillir une telle visite. 

 

 

Problème d’hébergement

 

La situation est telle que les écoles en cette période de vacances se transforment en maison d’acceuil pour les vacanciers. « A chaque fois que nous venons à Mahajanga, nous séjournons à l’école privée Nicoletta car, étant donné que nous venons en famille c’est moins couteux» explique Manjaka un père de famille de 3 enfants venu à Mahajanga pour profiter du soleil. Comme lui, nombreux sont ceux qui optent pour l’hébergement alternative plutôt que l’hôtel. « Nous avons choisi de séjourner chez des particuliers qui louent leur maison durant les vacances car cela nous permet d’avoir le confort de la maison même pendant les périodes de vacances » affirme Edouard un médécin généraliste qui a pour habitude de passer les vacances scolaires à Mahajanga. « Par contre, il faut réserver à l’avance étant donné qu’en cette période, ces résidences en location sont très sollicitées » note-il. Télévision cablée, cuisine avec gaz, congélateur, salle de séjour, deux chambres à coucher et terrasse , tout cela pour 350.000 fmg  par jour.

 

 

 

Manque d’infrastructures

 

La beauté de la nature que ce soit le paysage à couper le souffle ou l’indulgence du climat ne suffit pas pour garder le rang de  première destination du tourisme national. En effet, vu le nombre de personnes que la ville accueille chaque année, des efforts en matière d’infrastructures doivent être fournis. A titre d’exemple, les célèbres plages de la ville que ce soit « La petite plage » ou « Le Grand pavois » n’ont même d’infrastuctures sanitaires. « Les vacanciers ont l’habitude de passer toutes leurs journées à la plage. Pourtant, il n’y a pas de toilettes i et ces personnes n’ont nulle part aller pour faire leurs besoins » dénonce une vendeuse de coco à la petite plage. En cette période de vacances, un petit chalet a été érigé à l’extremité de la plage faisant office de toilettes pour les personnes qui veulent uriner. Des infrastructures archaïques qui tendent à combler le vide.

 

«  Tous les soirs, nous mettons du sable par-dessus la plate bande d’aujourd’hui pour étouffer l’odeur » témoigne Nono le gestionnaire de ce pissoir de fortune.

 

 

 

Insécurité grandissante

 

Chaque année, en période de vacances, bien que calme en temps normal, la ville de Mahajanga enregistre un nombre grandissant de vols à l’arraché. Les malfaiteurs visent particulièrement les vacanciers. « On dirait que malfaiteurs savent faire la distinction entre les vacanciers et les habitants de la ville car il n’y a que les vacanciers qui sont victimes de ces méfaits » se plaint Maman’i Lala une célèbre vendeuse de brochettes au bord de la mer qui ne cesse de conseiller aux vacanciers de redoubler de vigilance.

 

Face à tout cela, il va sans dire que la ville de Mahajanga reste sur ses acquis et les autorités compétentes de la ville ne font aucun effort pour que la ville accepte la demande des vacanciers. A force de ne rien faire, la ville de Mahajanga finira certainement par se faire voler le titre de la destination numero un.

 

Yanne Lomelle

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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