Vers l'amélioration de la filière rizicole

Publié le par Alain GYRE

Vers l'amélioration de la filière rizicole

 

 

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Malgré un potentiel rizicole qui lui a permis d’être dans le passé un pays exportateur de cette céréale, Madagascar est tenu actuellement d’importer annuellement 150.000 à 200.000 tonnes de riz. Pour soutenir les agriculteurs, et ce avec l’appui de la Banque mondiale, l’Etat a mis en œuvre le projet Bassins Versants et périmètres irrigués (BVPI) sur  quatre sites, dont une superficie de 6400 hectares à Sahamaloto (région d’Alaotra-Mangoro). A la fin de la semaine dernière, SEM Ryuhei Hosoya, (Ambassadeur du Japon), Koichi Sasadate (Représentant Résident de la Japan International Cooperation Agency,  JICA), Jean-David Naudet (Directeur de l’Agence française de développement, AFD) et Haleh Bridi (Country director de la Banque mondiale) y ont effectué une visite de terrain. « Les agriculteurs de cette région ont un rôle primordial dans la sécurité alimentaire de Madagascar, car le potentiel d’Alaotra-Mangoro pourrait permettre de combler le déficit de production rizicole » a souligné Haleh Bridi.

 

 

L’objectif de cette visite de terrain était de constater les réalisations du projet BVPI, mais également de procéder à un échange d’expériences, dans la mesure où le Gouvernement japonais (à travers le projet PAPRIZ)  et l’AFD (à travers le projet BV-LAC) interviennent également dans cette région en matière de riziculture. « Les Japonais cultivent du riz depuis plus de 2000 ans, ce qui nous donne une expérience et une légitimité dans ce domaine » a souligné Koichi Sasadate. Cette recherche de synergie entre les partenaires techniques et financiers intervenant dans le domaine de la riziculture intervient à un moment où le Japon vient de confier à la Banque mondiale la gestion d’un don de 12,6  millions de dollars pour que le projet BVPI puisse étendre son intervention dans d’autres régions y compris sur le périmètre d’Anony de la région d’Alaotra-Mangoro sur 7600 hectares supplémentaires, dans la zone de l’Anony. Ce don fait partie d’un financement de 100 millions de dollars octroyé à l’Afrique, et dont Madagascar fait partie des bénéficiaires. « Vu l’ampleur de la tâche dans le domaine de la riziculture à Madagascar, un seul projet ou un seul bailleur ne peut pas tout faire. La collaboration entre les différents partenaires est donc une nécessité » a expliqué SEM Ryuhei Hosoya.

 

Les participants à cette visite de terrain ont pu rencontrer des agriculteurs qui ont témoigné de l’impact de leur collaboration avec le BVPI. Les formations reçues, les efforts de maitrise de l’eau et les travaux d’intensification agricole ont permis de doubler, voire de tripler le rendement : alors que la moyenne dans les zones non couvertes par le BVPI est de 2, 7 tonnes à l’hectare, plusieurs riziculteurs accompagnés par le BVPI vont jusqu’à huit ou neuf tonnes à l’hectare. Cela a un impact sur la production rizicole du pays, mais également sur les revenus des paysans, et donc sur leur niveau de vie. « On peut affirmer que nos récoltes ont considérablement augmenté. Par rapport au rendement des techniques culturales traditionnelles, il y a eu une nette différence. Auparavant on récoltait 3 tonnes de riz à l’hectare, maintenant on peut aller jusqu’à 7 tonnes » raconte Lucienne, agricultrice à Ambohitrarivo, qui a pu acquérir un tracteur et construire une maison en dur. Léon Rakotonirina, Président des riziculteurs de Sahamaloto souligne pour sa part que « la plupart des riziculteurs qui travaillent sur une superficie d’au moins deux hectares ont été capables de s’acheter un motoculteur, et ceux qui autrefois allaient à pieds ou à bicyclette ont pu s’acheter une moto ».

 

Une union entre différents partenaires est donc en train de se mettre en place pour capitaliser les différentes expériences en matière de riziculture, « même si chaque institution aura bien entendu ses propres spécificités en fonction de sa propre histoire dans le pays » a rappelé Jean-David Naudet.

 

Source photo: Njaka Rajaonisaona

Publié dans Revue de presse

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