Ville d’Antananarivo: Les travaux d’assainissement vont bon train

Publié le par Alain GYRE

 

Ville d’Antananarivo: Les travaux d’assainissement vont bon train       

Mardi, 20 Mai 2014

Les vendredis sont devenus moins magnifiques dans la capitale depuis que le PDS a décidé d’appliquer strictement les textes concernant les heures d’ouverture et de fermeture des bars et débits de boissons. Certainement qu’il n’a pas fait que des heureux. Les accros des vendredis jolis en ont eu pour leur grade, les stands démontables des marchands qui vendent des boissons alcoolisées dans la rue en ont eu aussi pour leur frais, les taxis qui comptaient sur les vendredis soirs pour augmenter leur chiffre d’affaires ont dû désormais rentrer tôt faute de clients. L’argument relatif à la situation économique du pays est bien évidemment ressorti : on n’a pas de travail et on nous empêche d’avoir aujourd’hui une rentrée d’argent honnête. Mais il y a eu des heureux également. Ceux qui habitent dans ces endroits si souvent bruyants jusqu’à point d’heure sont contents du calme qui y règne désormais ; les parents qui ont eu du mal à persuader leurs enfants de rentrer tôt pour cause d’insécurité voient leurs enfants regagner plus tôt le domicile familial faute d’animations en ville ; ceux qui désespéraient de vivre dans une ville où les lois sont faites pour être bafouées et que les rares fois où les autorités sévissent, il suffit de les arroser de quelques billets de banques et les choses sont réglées. Aujourd’hui, la loi concernant ces débits de boissons semble bel et bien être appliquée au point que les vendredis et samedis qui étaient magnifiques pour les tenanciers de bars et les habitués sont devenus des cauchemars hebdomadaires avec les descentes et les rafles faites par les autorités. Le PDS semble être sur sa lancée et il est arrivé à reconquérir le cœur des Tananariviens depuis qu’il a mis en sourdine son étrange projet très controversé de changer les armoiries de la ville des Mille pour des raisons liées à un syncrétisme religieux, le sien. Il pourrait alors continuer à appliquer toutes les lois et sévir tout simplement par rapport à ceux qui enfreignent allègrement les lois en question. Cela exige une éducation citoyenne au civisme, au bien commun, et un rappel d’un principe simple : nul n’est censé ignorer la loi et la loi est la même pour tous.  Peut-être cessera-t-on enfin de voir la ville d’Antananarivo comme des WC publics à ciel ouvert ; peut-être cessera-t-on de voir des gens cracher partout à qui mieux mieux ; peut-être cessera-t-on de voir des gens bien sous tout rapport dans de belles voitures mais qui jettent tranquillement par-dessus les vitres des mouchoirs à jeter, des emballages de biscuits, des recharges de téléphone portable, des épluchures de fruits ; peut-être arrivera-t-il à mettre de l’ordre dans ce désordre tananarivien ? S’il y arrive, cela pourrait faire effet boule de neige et on finira par voir tous les services exiger l’application stricte des lois sans état d’âme et sans faire deux poids deux mesures selon la personne qui se serait fait arrêter pour violation des lois. On finira par vivre dans une ville et dans un pays où il fait bon vivre ! Anaïs T.

La Gazette

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