Vilon’Androy. Les vétérans du Sud

Publié le par Alain GYRE

Vilon’Androy. Les vétérans du Sud

(10-09-2014)

Absent de la scène musicale malgache depuis des années, Vilon’Androy signe son grand retour. Entre beko et banaiky, le groupe se lance dans de nouvelles compositions plus accessibles au grand public, histoire de célébrer ses 25 années au service des rythmes du Grand Sud.

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Après la Corée du Sud, la Côte d’Ivoire et la France, Vilon’Androy s’est envolé au mois de juillet dernier pour Londres et Mayotte. À Londres, Surgi Nofisoa, le leader, a joué en solo avec Malagasy Orkestra pour le festival Womad avant de rejoindre le groupe à Mayotte pour le Festival Du bout de l’Île. Autant dire que les rythmes antandroy ont la cote à l’international ! Porte-parole de la musique du Grand Sud, Vilon’Androy totalise trois albums en 24 ans d’existence : Live in Madagascar en 1997, Pelake en 2003, distribué en Autriche, et Telefone en 2009. « Nous mettons en valeur les sonorités du Sud et les rites ancestraux, c’est ce qui nous motive tous ensemble depuis un quart de siècle », souligne Surgi.

 

Le répertoire oscille entre les rythmes effrénés du banaiky et du beko, le chant a cappella traditionnel, avec cette fois une bonne dose de modernité. « Avant, nous avions du mal à faire passer des messages actuels à travers nos chansons, car nous étions concentrés sur la transmission de notre héritage. Aujourd’hui nous sommes plus libres avec ça, même si les textes sont toujours en dialecte antandroy. Je veux dire que nous ne sommes pas que des revivalistes, mais aussi des chroniqueurs de notre temps. » C’est sur la scène du CGM (Centre germano-malgache) à Analakely, en mars dernier, que les cinq membres du groupe ont présenté leurs nouvelles compositions (comme IlahyJo), sans faire l’impasse sur celles qui ont fait leur renommée, à commencer par Ry Neny (Maman).

 

Qui dit musique du terroir dit instruments traditionnels. Pour accompagner les paroles, le groupe met en avant le lokanga, sorte de violon à trois cordes en bois de sirosiro (un bois tendre) par lequel Surgi fait surgir les sons du banaiky. Également, les maracas d’Yvette et de Nana qui poussent en même temps la chansonnette. Les percussions de Zico s’entremêlent avec les doux sons du marovany (valiha) d’Éric. Une mise en bouche de leur quatrième opus en instance de diffusion, qui sera cette fois distribué à Madagascar. « La plupart de nos albums sont vendus à l’étranger. Je ne vois pas pourquoi, les Malgaches ne pourraient pas en profiter », relève Surgi. Prophète en son pays, voilà un pari osé pour Vilon’Androy…

 

#AinaZoRaberanto

 

 

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Publié dans Revue de presse

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