Voahirana Andriambelo : Lady in blue

Publié le par Alain GYRE

 

Voahirana Andriambelo : Lady in blue

 

 

01/03/13 |  Musique

 

C’est l’une des grandes voix du jazz à Madagascar. Jamais aussi à l’aise que sur la scène intimiste des cabarets où elle développe un sens instinctif du gospel et du blues. Ces «fondamentaux qui apportent au jazz son supplément d’âme », estime-t-elle.

1 voahirana

Sa dernière prestation le 24 janvier dernier au Paprika, un bœuf mémorable aux côtés de Joel Rabesolo et Nicolas Vatomanga, démontre que dans la pure improvisation, exercice jazzistique par excellence, Voahirana Andriambelo est toute à son affaire. De superbes envolées vocales flirtant aussi bien avec le gospel, la soul, le jazz latino que le blues, bien sûr.

« Si on aime le jazz, on aime le blues, parce que tout cela vient des mêmes champs de coton », souligne la Dame qui, du plus loin qu’elle se souvienne, a toujours baigné dans les 33 tours d’Esther Phillips, Aretha Franklin, Liz McComb, et plus tard Ella Fitzgerald, Betty Carter, Sarah Vaughan. « Beaucoup ont commencé comme moi, dans des chorales, à tenter de canaliser l’énergie du gospel. Le gospel est avec le blues, l’autre fondamental de la musique afro-américaine. » Un attachement qui ne s’est jamais démenti puisque parallèlement à sa carrière de chanteuse, elle est soliste au sein de la Chorale Maintimolaly Ambohitantely depuis plus de 30 ans.

« Le blues, je l’ai vraiment intégré en jouant avec des artistes du calibre de Solo Andrianasolo, Datita Rabeson ou Samy Andriamanoro. Techniquement ce sont des suites de notes à 12 temps, mais par dessus tout c’est l’âme qui chante. »Habituée des concours de chants depuis son plus jeune âge, elle rafle toutes les récompenses : interclasses, intervilles, inter-universitaires, y compris en Russie, l’URSS finissante de l’époque où elle est étudiante au début des années 80. Rentrée à Madagascar en 1985, elle commence à se produire comme choriste avec Solo Andrianasolo et Fanja Andriamanantena. C’est là qu’elle fait une rencontre capitale, celle de son futur mari : Naivo Andriambelo, saxophoniste du groupe Tritra dont faisait partie le regretté Tôty. Puis s’ensuit une longue pause dans sa carrière correspondant à son choix de privilégier l’éducation de ses deux fils, Harty et Poun. En 2009, ils feront partie de ses musiciens, l’un comme bassiste, l’autre comme guitariste solo ; tous deux ont par ailleurs fondé le groupe Vacônaka.

1 voahirana 1 

Au début des années 2000, elle retrouve la scène par le biais de cabarets qu’elle anime pratiquement chaque vendredi soir. « J’aime leur ambiance intimiste, on sent le public tout à côté, on communie dans la musique. » Pour les grandes scènes, c’est plutôt du côté du festival Madajazzcar que ça se passe, elle y est invitée quasiment à chaque édition depuis 2004.

Autant dire un monument de la scène jazz malgache. Au même titre que son ancienne complice Fanja Andriamanantena. A la différence de cette dernière, elle se considère comme peu douée pour la composition et l’écriture, préférant s’en remettre aux auteurs-compositeurs de la jeune génération qui la tiennent en très haute estime, Bessa notamment. Il se pourrait même que Harty et Poun composent prochainement pour elle. « La boucle sera bouclée, ce que j’ai reçu des autres je l’aurai transmis à mon tour. Ainsi va la musique... »

 

Vohahirana : 032 53 701 61


Propos recueillis par Joro Andrianasolo
(article publié dans no comment magazine n°38 - Mars 2013 ©no comment éditions)

 

No comment&éditions est une maison d’édition malgache créée à Antananarivo en novembre 2011.

Elle publie principalement des livres sur Madagascar.

Ils sont distribués en librairie à Madagascar et en France.

Coordonnées à Madagascar : 2, rue Ratianarivo, immeuble Antsahavola, Antananarivo 101 - +261 20 22 334 34.

Coordonnées en France : 58, rue de Dunkerque, 75009 Paris - 06 12 75 51 06.

http://www.nocomment.mg

www.nocomment-editions.com

 

 

 

Publié dans Musique

Commenter cet article