Vony Andriamanantena

Publié le par Alain GYRE

Vony Andriamanantena

(25-09-2014)

Vony, tout juste 30 ans, est vendeuse polyvalente à temps partiel pour une enseigne irlandaise, à Aulnay-sous-Bois, en proche banlieue parisienne. Un mariage malheureux, une petite fille à élever seule, la France n’a pas toujours eu pour elle les promesses d’un d’Eldorado…

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© no comment ®

Fille cadette d’une famille de sept enfants, Vony Andriamanantena est née et a grandi à Tanà dans le quartier d’Ampefiloha. Le père était comptable, la mère secrétaire. Après trois années d’études supérieures à l’Institut national de l’hôtellerie et du tourisme (INTH), Vony travaille pendant trois ans pour un voyagiste, avant de se marier, en 2007, avec un Français qui fait des allers-retours entre Paris et Tanà : « Je pensais avoir trouvé le bon mari. » Mais Vony ne veut pas quitter Madagascar : « Je savais que la France n’était pas un Eldorado, j’avais une bonne situation professionnelle, je savais que je ne pourrais pas en retrouver une comparable. Et puis toute ma famille et tous mes amis sont à Tanà. »

 

Le mari prévoit de s’installer à Madagascar mais le projet capote : « Dans notre culture, une femme mariée ne peut pas rester loin de son mari, elle doit le suivre, c’est comme ça. »

 

Un an plus tard, le couple s’installe à Montreuil dans une cité HLM où chacun est en repli sur soi : « La vie, ici, est monotone, c’est métro-boulot-dodo. Chacun pour soi. » Un isolat que Vony vit comme une perte d’identité : « J’ai besoin de rentrer à Madagascar pour me retrouver, pour me ressourcer. » Par ailleurs, Vony se fait mal à sa nouvelle vie de femme au foyer : « À Madagascar, j’étais active, je travaillais. Ma mère m’a inculqué l’idée qu’on ne peut rien obtenir sans effort. »

 

Le couple se sépare après trois ans de vie commune mais une « merveilleuse petite fille » est née qui oblige la jeune femme à prendre son destin en mains : « En France, j’ai beaucoup mûri, j’ai pris conscience de ce que c’est que la vraie vie, j’ai dû apprendre à me débrouiller seule. En cas de besoin, je n’avais personne à qui demander un peu de riz, personne pour garder ma fille, ça ne se passe pas comme ça ici. » Assistante juridique, hôtesse d’accueil, avant d’être embauchée à mi-temps comme vendeuse pour se « consacrer à l’éducation de [sa] fille », les fins de mois sont difficiles, le salaire suffit juste à faire face au quotidien : « Il y a toujours des factures à payer, impossible de faire des projets à long terme. »

 

Un an après sa séparation, Vony pense avoir trouvé « l’homme idéal » ; elle commence à se projeter dans l’avenir : « Ma vie est France, avec ma fille et mon compagnon. Mon but est de progresser professionnellement et d’agrandir ma petite famille. » Elle envisage des lendemains plus chantants, « à la campagne ou à la mer », pour sa fille : « L’environnement est un facteur déterminant, je veux la protéger, on vit dans une cité, je ne veux pas qu’elle devienne une racaille. » Voyageuse invétérée, Vony rêve de lointains comme dans une toile de Paul Gauguin : la « Thaïlande » et ses flots nacreux, « Tahiti » et ses « vahinés… » Et si un jour Vony se remarie, « ce sera en Jamaïque », une île qu’elle a découverte dans un documentaire.

 

#ChristopheGallaire

 

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Publié dans Revue de presse

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