Poème: Au lecteur - Ramambason

Publié le par Alain GYRE

 

Au lecteur

 

J’ai voulu du monde inconnu

Traduire à nouveau le langage :

Ce monde si beau, mais si laid,

Où vont voisinant et des anges

Et de vrais démons.

 

J’ai voulu surtout, à ton âme

D’homme secourable parler,

Te parler de ceux qu’on ignore

Dans leur triste sort, des maudits

Qui vivent d’alarmes.

 

J’ai voulu, pour toi, recueillir

Les échos nombreux qui déferlent

En vagues sonores jusqu’à moi,

Ébranlant ces cordes qui vibrent

Dans mon pauvre cœur.

 

J’ai voulu souvent, de mon âme

Te parler aussi simplement :

De tous mes soucis, de mes luttes,

De mes chers grands rêves tombés,

Des échecs sans nombre.

 

Gauchement, parfois, j’essayais

De fixer ici de fugaces

Contours entrevus, de camper

Des géants, héros admirables

Au geste imposant.

 

J’ai voulu verser mon obole,

Apporter mon œuvre et ma part

Au labeur de tous. Grain de sable

A quand même aussi son emploi,

Quoique minuscule.

 

Et du fond du cœur, cher lecteur,

Je te dis merci, pour ta peine

Et ton temps à moi consacrés :

J’ai voulu, toujours, vers la cime

Grimper, m’élever avec toi.

 

Ramambason

Antaninandro, 11.02.46

 

Telle est la conclusion de Ramambason sur l’étude de l’origine du Mal, développée poétiquement dans le recueil Rythmes et Synthèses. Elle se présente sous forme de propos à l’attention de tous les lecteurs. Des Propos de solidarité et de réhabilitation à l’égard « des maudits » dans ce « monde si beau, mais si laid ».

https://journals.openedition.org/oceanindien/1400#tocto3n6

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