Poème: BETSIBOKA MON FLEUVE - MAX RANDRIANTEFY

Publié le par Alain GYRE

En allant passer mes vacances à Mahajanga, j’ai vu la couleur rouge du fleuve Betsiboka et ses petits affluents qui m’ont clairement montrés l’effritement de l’écosystème. Cette désolation est générée par l’inculture qui nous mène droit vers un suicide collectif. Ce poème inspiré par cet état de chose, est un appel à mes concitoyens pour une main tendue afin de combattre ce fléau.

BETSIBOKA MON FLEUVE

 

O fleuve source de joie mais bien mal aimé

Ta couleur rouge est en fait l’hémorragie

D’une terre honteuse fuyant sa destinée

En emportant tout ce qui te reste de vie.

 

Tes flots bouillonnants ne sont plus que larmes

Et les hommes anéantis, sans un vacarme

Sont partis vers un monde plus généreux

Où ils survivront sûrement moins heureux.

 

Laissant une terre désolée par la sécheresse

Dans ton lit traînaient des pierres qui ont servi

A lapider nos âmes viles pécheresses

Préférant sans le savoir la mort à la vie.

 

Quand l’homme a brûlé les forêts tes amies

Les nuages pleureurs eux aussi ont fui

En t’emportant loin d’ici pour de bon

Nous mettant à terre implorant ton pardon.

 

Certains attendront que survienne un miracle

Quand d’une mort annoncée tu renaîtras

Plus fort et plus serein encore tu seras

Joie de tous et le plus beau des spectacles.

 

Après ces temps croyant t’avoir perdu

Tes fils prendront soin de toi désormais

En œuvrant ensemble pour que te soit rendue

Ta parure faite de belles et denses forêts.

 

Ce jour-là, nos terres seront un emblème

De paradis terrestre de gens convertis

Nos enfants vivront dès lors dans un pays

Respectueux de dame Nature qu’ils aiment.

 

MAX RANDRIANTEFY

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