Conte: Indriamparalaly et Indriamparavavy

Publié le par Alain GYRE

 

Indriamparalaly et Indriamparavavy

Conte Betsimisaraka

Recueilli à Ambohimilanja (province des Betsimisaraka-du-Sud).

 

 

Deux époux, Indriamparalahy et Indriamparavavy, allèrent chercher fortune en pays étranger.

Ils trouvèrent une plante appelée voakaramanga, et, revenus chez eux, la plantèrent devant leur maison ; elle poussa et donna comme fruits de l'argent.

Les voisins, pour voler la plante, voulurent tuer les propriétaires, mais ne purent y réussir; eux pourtant allèrent s’établir en d'autres lieux.

Puis, après avoir invoqué Andriamanitra, ils fabriquèrent du rhum qu’ils burent avec leurs nouveaux voisins.

Après avoir bu, Indriamparalahy dit :

« Si je fréquente une autre femme que la mienne, que je sois noyé en traversant une rivière en pirogue.»

La femme dit à son tour :

« Si j'accepte les propositions d’un autre que mon mari, que l’œil-du-jour me retire de la terre. »

Quelque temps après, tous les deux moururent, parce qu’ils avaient manqué à leur serment.

Leur enfant dit à un esclave :

« Allons! petite esclave, mène-moi chez Tsiamborakatsangy ma grand’mère. »

L’esclave obéit, mais, comme ils avaient à traverser un grand lac, l’enfant demanda au serviteur de le porter sur son dos, et celui-ci n’y voulut consentir qu’à condition de recevoir en échange tous les vêtements et les parures de son maître.

Le lac traversé, l’échange eut lieu.

 L’enfant était bien triste, parce qu’il n’avait plus de beaux vêtements ; lorsqu’il arriva chez sa grand’mère, celle-ci ne fit pas attention à lui, qui était malpropre, mais témoigna toute son affection à l’esclave.

Elle envoya un jour l’enfant chasser les fody qui maraudaient dans les rizières. Et quand il y fut, il entendit la voix de sa mère morte qui lui criait :

« Est-ce que ta grand’ mère est encore là, mon enfant ?

- Elle vit encore, mais elle ne me reconnaît pas, parce que je suis encore trop petit. »

Alors la mère prit l’enfant et le ramena à la maison, puis elle alla chercher le taureau d’argent et mit en sa présence l’enfant et l’esclave.

Elle dit à son fils de monter sur le taureau en passant de la queue à la tête : il le fit, et, arrivé aux cornes, redescendit tranquillement.

L’esclave monta à son tour, et parvint jusqu’aux cornes; mais quand il voulut descendre, le taureau, d'un coup de tête, le jeta par terre et le tua.

 

Contes de Madagascar

Charles RENEL

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article