Conte: La vontsira et le rat

Publié le par Alain GYRE

 

La vontsira et le rat

Fable Tanala

Recueillie à Ifanadiana (province de Fianarantsoa).

 

Un jour, dit-on, le vontsira rencontra le rat dans une forêt.

« Où vas-tu si affairé, dit le rat.

- Je me promène. Et toi?

- Je me promène aussi. »

La conversation ainsi engagée, ils causèrent longtemps et devinrent amis ; même à la fin ils s’unirent par le fatidra.

Lorsqu’ils furent ainsi liés, ils chassèrent ensemble et trouvèrent dans le jardin d’un homme riche un régime de bananes mûres.

Le vontsira dit alors :

« Attends-moi au pied de ce bananier, mon cadet ; je vais y grimper tout seul; car d’y monter ensemble, il n’y faut pas songer : le bananier fléchirait et nous tomberions à terre.

- C'est moi qui vais monter, répondit le rat. Toi, tu es trop lourd et tu tomberais sûrement.

- Que non ! Toi, tu es trop petit et tu ne pourrais pas prendre assez de bananes pour nous rassasier tous les deux. »

En disant ces mots, le vontsira grimpa sur le bananier, puis il se mit à manger les fruits, ne laissant tomber pour le rat que les épluchures.

Quand les bananes furent toutes mangées, le vontsira, gonflé de nourriture, descendit sans rien apporter à son compagnon.

 Le rat, vexé de la tromperie, ne souffla mot, mais médita une vengeance.

Le lendemain il emmena le vontsira à la chasse, très loin. Lorsqu’ils eurent pris beaucoup de gibier, il dit :

« Creusons un trou pour y déposer et y conserver nos proies; car, si un homme survient et voit tout ce gibier, il nous le prendra, c’est sûr.

- Comment faire ? répondit l’autre.

- Pour moi, je ne m'entends pas à creuser le sol.

- Qu’à cela ne tienne! Moi, je sais très bien. Attends et regarde. »

En même temps le rat, fouillant la terre, pratiqua une cachette dans laquelle il pouvait seul entrer. Lorsque ce fut fini, il y mit tout le gibier qu’ils avaient pris ensemble. Ensuite il se régala tranquillement au fond de son trou.

Le vontsira, tout penaud, n’eut que l’odeur du festin, car le passage était trop étroit pour lui, et il ne savait pas fouiller la terre.

Le rat, cependant, se moquait de lui :

« L’action retourne toujours, mon aîné ; tu reçois maintenant ce que tu m’as fait. Tu as voulu me tromper pour nos bananes; je te le rends avec notre gibier. »

 

 

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