Le bracelet Vango Vango Malagasy

Publié le par Alain GYRE

Le bracelet Vango Vango Malagasy

 

L'origine des joncs « Esclave »

S'il est un sujet sensible chez les artisans bijoutiers du Sud-ouest de l'océan indien, c'est peut-être celui-ci! Ce bracelet ethnique est élevé au rang de bijou emblématique autant à l'île de la Réunion, qu'à Madagascar, et à un degré moindre à l'île Maurice.

On comprend cet imbroglio en étudiant l'histoire de ces joncs qu'ils soient appelés Joncs Africains, Joncs Malgaches, Joncs Esclaves. Les premières traces de jonc de ce type sont retrouvées du côté du Mozambique (dans le sud-est du continent Africain, dont les côtes sont séparées de Madagascar par le canal du Mozambique). Et c'est l'histoire de la traite des esclaves dans ces anciennes colonies Françaises qui explique la confusion qui règne quant à la paternité de ce bijou!

Bracelet d'esclave en argent typique de Madagascar

Il semblerait que des esclaves Mozambicains soient le dénominateur commun aux trois origines revendiquées, puisque arrachés de leurs tribus Mozambicaines ils ont transité par Madagascar, pour y travailler ou afin d'y être envoyé vers l'ile Bourbon (La Réunion). Certains d'entre eux ce seraient évadés, ou aurait en tous les cas troqué ces joncs (souvent fait d'argent massif, et donc d'une certaine valeur) aux autochtones (de la tribu des Saccalavas, du sud malgache qui se le sont approprié, d'où l'appellation de "jonc Saccalava"), d'autres ont poursuivi leur destinée vers l'ile de la Réunion, où le bijou a encore séduit et s'est enraciné dans le patrimoine artisanal de l'île, étant par exemple décliné pour femmes et pour enfants.

Le Vango Vango, ancien bracelet des esclaves,est à l’origine un bracelet fermé qui permettait à ces derniers d’être enchainés la nuit.

A leur émancipation, le bracelet a été coupé, travaillé et conservé en signe de reconnaissance. Il constitue aujourd’hui une protection contre le mauvais sort et nul pêcheur « vezo »(région du sud-ouest de Madagascar, ethnie Sakalava) ne prendrait la mer sans son Vango Vango.

Les bracelets « vango vango » ont une valeur historique à Madagascar et leurs origines ainsi que leur design varient de région en région mais ils ne sont jamais similaires. La tradition aurait plus d’un siècle et à l’origine ils étaient fabriqués à partir de pièces de 5 francs en argent qui étaient fondues.

Les rois Malgaches Sakalava qui ne ne souhaitaient pas stocker de la monnaie battue avec le visage d’un autre suzerain demandaient aux forgerons de les fondre pour en faire des bracelets qui resteraient dans le trésor royal. Puis les commerçants ont pris le pas et portaient leurs pièces d’argent au forgeron pour qu’il fabrique un bracelet. Le vango vango dévoilait alors l’origine géographique et sociale de son porteur.

Le bijou se transmet alors dans le cercle familial comme un héritage et est surnommé par endroits « le bracelet de grands-mères ». Par la suite il devient une tradition faisant lien avec la généalogie. Tout Malgache se doit alors de porter son Vango Vango.

Le vango vango est onsidéré comme un bijou qui protège contre les mauvais sort et qui attire la chance.

En brousse, avec la montée de l’extrême pauvreté à Madagascar, le Vango Vango est parfois l’unique valeur des habitants et ces derniers revendent ce trésor de famille à des collectionneurs pour pouvoir subsister encore quelques mois.

Il existe différentes versions de ce jonc en argent, certains sont lisses et très simples, d'autres, comme c'est le cas de ce Bracelet esclave ou "jonc saccalava" en argent corps ciselé, sont ciselés en partie, généralement sur le corps du bracelet, et sur les "têtes de jonc".

Actuellement, beaucoup choisissent de porter des vango vango à base d’argent et d’or à la fois et sa conception a fortement évolué. Outre la matière de base, des pierres semi-précieuses (émeraudes, rubis, tourmaline…) sont également ajoutées aux extrémités du bracelet. Sa particularité vient également de la manière de le mettre et de le retirer puisqu’il faut le tordre dans le sens perpendiculaire au bracelet afin de pouvoir passer le poignet entre les deux extrémités sans fragiliser le métal.

Devenu symbole de Madagascar pour l’expatrié plus que pour le touriste, de nombreux « Vahazas » (populaire, nom propre: blanc, par extension étranger) portent maintenant le Vango Vango fabriqué par les joailliers de la capitale comme un souvenir du pays.

Il existe deux façons de le porter, les têtes du bracelet vers le haut, ou vers le bas, selon l'effet escompté.

 

Sources :

http://blog.ehran.com/2015/01/le-bracelet-vango-vango-malagasy

http://www.mylittlefantaisie.com/blog/le-jonc-esclave-ou-jonc-malgache-n31

http://www.nocomment.mg/vangovango-pour-le-prestige/

http://vickyandriamisaina.blogspot.com/2018/05/07_12.html

 

 

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