Conte: Le fatidra du caïman et du perroquet

Publié le par Alain GYRE

 

Le fatidra du caïman et du perroquet

Fable Betsimisaraka

Recueillie à Antanambao (province de Voliemar).

 

Ravoay (le caïman) et Raboaiza (le perroquet) firent entre eux le fatidra, et Ravoay dit à son nouveau frère :

« Réunis tous les boaiza, je veux les inviter en ton honneur, car c’est moi l’aîné. »

Le perroquet convoqua donc ses parents, et quand ils furent rassemblés, le caïman fit aussi venir tous les siens pour assister au festin; il alla chercher deux cents bœufs, mille poissons et cinquante mesures de riz blanc.

Le repas dura dix jours entiers et les provisions furent à peine suffisantes, tant il y avait de boaiza. Quand tout fut fini, Raboaiza dit à Ravoay :

 « Je veux aussi vous inviter, rassemble donc tes parents. »

Et quand tous furent arrivés, Raboaiza les amena sur une haute montagne, puis il dit :

« Restez tous ici; nous allons chercher des bœufs, et, quand vous entendrez un bruit violent, ne vous enfuyez pas, car ce sera le bruit des bœufs que nous amènerons. »

Mais, au lieu de chercher des bœufs, ils mirent de tous côtés le feu à la brousse autour de Ravoay et de sa race.

Les caïmans, quand ils entendirent le crépitement des flammes, crurent que c’étaient les bœufs qui arrivaient et ne bougèrent pas; lorsque l'incendie fut proche, ils ne purent plus s’échapper et périrent tous, à l’exception d’un seul qui était resté près du pied de la montagne et non loin de la rivière. Il put regagner l'eau et maudit ceux de ses enfants et de ses descendants qui ne mangeraient pas les boaiza.

 

C’est pour cette raison que les perroquets ne vont pas se désaltérer dans les rivières : ils ont peur d'être happés par les caïmans. Mais, quand ils ont soif, ils boivent au creux de quelque tronc d’arbre.

 

Contes de Madagascar

Charles RENEL

 

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