Conte: Le paysan et la princesse

Publié le par Alain GYRE

 

Le paysan et la princesse

 

Dans le royaume du roi  .Ratiavahoaka, le paysan était souvent méprisé, surtout par les nobles.

Ce roi n’avait qu’une fille dont la mère était morte. Elle était très gâtée, son père lui donnait ce qu’elle voulait. Les nobles, surtout les jeunes hommes, voulaient tous avoir sa main. Mais elle ne donnait pas de réponse, pas plus qu’aux princes du royaume voisin.

Un jour, elle alla se promener dans la campagne avec sa servante, et elle se mit à courir sur le gazon vert. On entendait l’écho de son rire dans la vallée et la forêt… Mais tout à coup son rire se transforma en sanglot : elle était tombée et s’était foulée la cheville.

Comme elle ne pouvait plus marcher, sa servante ne savait quoi faire. A cet instant, un jeune paysan qui habitait non loin de là, passa et la vit pleurer. Il demanda ce qui se passait. Et il la soigna avec des plantes locales. La fille du roi le remercia après qu’il l’ait ramenée sur son dos jusqu’au portail du palais de son père.

Dès lors, la jeune princesse ne cessa de penser à lui. Elle tenta de le revoir à l’endroit où elle était tombée, mais le mystérieux paysan était introuvable !

Un jour son père lui dit :

- Je deviens vieux, ma fille, il faut que tu penses à la relève maintenant, il faut que tu fondes un foyer et que tu aies des enfants.

Elle ne répondit rien, et comme son père attendait toujours, elle resta enfermée dans sa chambre jour et nuit, sans parler. Son père offrit une mine d’or à ceux qui arriveraient à la faire sourire, juste sourire.

Dès lors, des tas de jeunes gens défilèrent et essayèrent de la faire sourire, mais en vain… Elle dépérissait et maigrissait de plus en plus.

Le roi commençait à désespérer, il pensait qu’il n’y avait pas de solution. A ce moment se présenta un paysan avec un chapeau de paille, en costume traditionnel, qui disait vouloir montrer quelque chose à la fille du roi. Mais le gardien ne le laissa pas entrer et il attendit dehors.

Quelques temps après, le roi sortit et passa près de lui, il hésita et se méfia en voyant ce paysan avec un bouquet de fleurs à la main, des fleurs qu’il venait de cueillir avec leurs douces odeurs fraîches de campagne. Mais il ordonna à ses gardes de le laisser entrer.

Dès que le jeune paysan entra dans le palais, la jeune fille sentit l’odeur des fleurs et l’odeur du jeune homme. Elle se jeta dans ses bras et l’embrassa devant son père en souriant.

Son père comprit alors que c’était celui que sa fille attendait depuis si longtemps. Il savait que l’amour passe n’importe où et vaine toutes les différences et toutes les distances.

La princesse et le paysan purent désormais vivre heureux  leur grand amour.

 

Raphaël Rakotomanana

 

Angano

Contes et histoires de Madagascar

Recueillis, traduits et adaptés par

Bernard et Monique CLAVERIE

Lettres de l’Océan Indien

L’Harmattan

 

 

 

 

 

Publié dans Contes, Angano

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