Conte: Les défricheurs de tavy et l’Etre

Publié le par Alain GYRE

 

Les défricheurs de tavy et l’Etre

Conte Betsimisaraka

Recueilli à Maintinandro {province des Betsimisaraka-dii-Sud).

 

Trois hommes partirent, dit-on, pour faire un lavy.

Ils préparaient le repas chacun à son tour. Faralahy avait la charge de fournir la viande à manger avec le riz et chaque fois il faisait cuire du bœuf d’abord, puis ensuite le riz.

Or un jour, comme tout était sur le point d’être terminé, Hitikalavasomotra, petit être barbu tenant à la fois de l'homme et de la bête, appela Faralahy :

« Amène moi une pirogue !

-.le ne sais pas me servir de la pagaie.

- Un radeau alors !

- Je ne sais pas non plus me servir de la perche. »

Mais Hitikalavasomotra marcha sur l’eau jusqu’à ce qu’il arrivât près de Faralahy, à qui il dit ;

 « Que tu m’aies amené ou non une barque, j’ai pu traverser la rivière! Donne- moi du riz !

- Tiens ! répondit l’autre, en voici une grande cuiller.

- Je ne veux pas manger avec cela, de peur que la peau me soit enlevée.

-  En voici donc sur une feuille de ravinala.

- Oh! je risquerais de devenir une forêt.

-  En voici donc sur des feuilles de tonatra !

- Je crains de devenir un tonatra.

- En voici sur des feuilles de longoza, !..., etc., etc., »

Faralahy dit enfin ;

 « Que veux-tu ?

- Allons nous battre en plein soleil. »

Tous deux se battirent et Faralahy tomba à terre.

Alors l’Etre l'attacha, puis mangea le riz avec la viande, il souilla ce qu'il ne put manger, enfin il partit après avoir recouvert d’herbes les aliments et Faralahy.

Faralahy, couvert d’herbes, cria :

« Venez, venez, mes amis ! Un animal est venu vers moi, nous nous sommes battus, j’ai eu le dessous. Après, m’avoir attaché, il a mangé une partie de notre repas et a souillé le reste. »

Alors Tolanolo dit :

« Qu’on me laisse fournir le ro demain matin. »

A la pointe du jour, ils partirent au tavy. Tolavolo resta pour préparer à manger.

Hitikalavasomotra revint et tout se passa exactement comme la veille.

Alors Betombokantsoro dit : « Demain matin ce sera mon tour de  rester, pendant que vous irez au tavy. »

Mais il ne fut pas plus heureux que ses camarades.

L’être revint, le battit, mangea la moitié du repas et souilla le reste, puis il s’en fut tranquillement.

 

Voilà mon petit récit, mon grand conte.

Si vous pouvez y répondre, il fera beau temps ; sinon, il pleuvra certainement.

 

https://archive.org/stream/contesdemadagasc01rene/contesdemadagasc01rene_djvu.txt

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