Conte: Les trois sœurs

Publié le par Alain GYRE

 

Les trois sœurs

Conte Betsimisaraka

Recueilli à Anivorano {province d’Andevoranto).

 

Un jour ces trois sœurs allèrent jouer près de leur village.

Faravavy trouva un œuf. Elle courut vers ses sœurs et leur demanda :

«  Quel oiseau a pondu cet œuf?

«  Nous n’en savons rien, mais va le demander à notre mère. »

Faravavy toute joyeuse apporta l’œuf à sa mère, mais celle-ci ignorait quel oiseau avait pondu l’œuf.

Elle dit : « Va le porter aux ancêtres. »

Les ancêtres lui répondirent que c’était un œuf de Siketribe et lui recommandèrent de le mettre dans une corbeille.

l.e lendemain, au premier chant du coq, l'œuf de Siketribe fut éclos et devint un bœuf.

Quand l’aube parut, le Sandoka ne pouvait plus contenir le bœuf. Alors Faravavy le mit dans une barrique. Mais elle ne pouvait pas non plus le contenir. Faravavy chercha un grand trou profond. Lorsqu’elle en eut trouvé un, elle y emmena son bœuf. Puis elle alla chercher des ravindravina pour lui donner.

En arrivant elle criait : « Œuf de Siketribe, eh! œuf de Siketribe ! Dimbontaratara ! Dimbontaratara !

Viens donc ! je veux te voir ! »

Chaque jour elle criait ainsi et le bœuf venait.

Un beau jour sa mère la trompa et lui dit d’aller voir son grand-père qui était bien malade.

Dès qu'elle fut partie, sa mère, qui voulait tuer le bœuf, alla près du trou et cria comme faisait

sa fille. Mais, comme elle avait une grosse voix, le bœuf ne sortit point. Elle ordonna alors à l'une de ses deux autres filles de l’appeler.

« Si nous l’appelons, il viendra à nous et nous donnera des coups de corne.

- Appelez-le tout de même^ sinon je vous battrai. »

L’une d’elles alors appela comme sa sœur elle bœuf vint.

Elles l’attachèrent et le tuèrent.

Quand elle revint, étant encore loin du village, Faravavy se dit : « Je sens comme l’odeur de mon bœuf. »

Lorsqu’elle fut à la maison, sa mère lui servit du riz avec de la viande de bœuf. Mais elle n’y voulut pas toucher.

Elle s’en fut chercher des ravindravina et arrivée près du trou appela son animal qui ne vint pas.

Elle s’écria en pleu¬ rant : « On a certainement tué et mangé mon bœuf. »l

Elle s’en retourna tristement au village et se mit à piler du riz en disant : « Sitso hianao vary vato, sitso, sitso ! Tsytian-dray, tsytiandrcny(i), sitso hianao vary vato, sitso, sitso! »

Puis elle descendit dans la terre et tomba sur le toit de Tsivalanorano.

 Celui-ci s’écria : « Qui est là ?

- C’est moi.

- Entre donc dans la maison. »

Faravavy entra et Tsivalanorano lui dit ; « Va avec tes compagnes empêcher les fody de manger le riz.»

Elle partit, et quand les fody vinrent, elle dit : « Tsika anô fody iry e! Tsika, tsika, e ! la maîtresse est devenue esclave et l'esclave est devenue maîtresse, tsika anô fody iry e! Tsika, tsika, e! »

Ses compagnes qui écoutaient allèrent dire à leur mère : « Oh ! maman, il y a là-bas une jeune fille qui sait si bien chanter ; Ecoute-la. »

La femme écouta et dit : « Comme je te plains, ma pauvre enfant, je vais te reconduire chez toi. »

Elle la fit reconduire chez elle, portée dans un filanzane. Sa famille, heureuse de la revoir, tua plusieurs bœufs.

 

'Voilà mon petit récit, voilà mon grand conte.

Si vous pouvez y répondre, il fera beau, sinon, gare à la pluie!

 

 

(i) Mon père ne m'aime pas,  ma mère ne m'aime pas.

Contes de Madagascar

Charles RENEL

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