Le mariage malgache.

Publié le par Alain GYRE

Le mariage malgache.

Le mariage malgache.

Histoire :

Un proverbe malagasy dit « anambadiam-konamana, iteraha-hodimby », (On se marie pour avoir un compagnon ou une compagne d’une part, et des enfants pour succéder d’autre part).

Cette idée est la base de la notion du mariage dans la société malagasy et si l’une de ces conditions préalables évoquées n’est pas remplie, les liens sont rompus. L’absence d’enfant dans un ménage le fragilise et dans ce cas, la femme étant considérée comme l’unique responsable de la stérilité du couple, la seule issue à une telle union est la séparation, consentie de façon mutuelle, ce qui permet à la femme répudiée de jouir de ses droits c’est-à-dire la récupération du tiers des biens acquis par le couple durant leur vie commune. Pour mettre de l’ordre dans cette institution, le roi Andrianampoinimerina a fixé une règle en déclarant que le mariage n’est pas attaché par un nœud serré mais par un nœud coulant ce qui revient à dire qu’on peut le défaire à tout moment, s’il y a mésentente au sein du couple. Andrianampoinimerina a également interdit toute violence sur la personne désireuse de quitter le domicile conjugal pour retourner chez ses parents car certains maris, ne pouvant tolérer l’échec de leur mariage, portaient la main sur leurs épouses en leur cassant les dents ou en leur crevant un œil. Quand bien même l’idéal est de considérer le mariage comme le plumage d’un poulet qui ne s’en sépare de ce dernier qu’à la mort, selon un proverbe bien connu, le mariage est aussi comparé au marché, si on ne s’entend pas, chacun reprend sa route.

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Le mariage traditionnel malgache se déroulait à la campagne. Le mariage malgache traditionnel est très codifié et doit être respecté à la lettre pour que l’union soit acceptée par la communauté et soit déclarée légitime et légale.

Voici les principales étapes qui le constituent :

Avant le mariage, il existe tout une phase de préparation : tout d’abord, le prétendant rencontre la famille de celle qu’il aime et demande la permission de lui demander sa main, c’est le « fiantranoana ».

Une fois le mariage accepté, les deux familles se rencontrent, se présentent et font connaissance à l’occasion du « fisehoana ». Enfin, les familles se retrouvent à nouveau pour le « fanapahan-draharaha », une étape durant laquelle elles fixent la date du mariage et se mettent d’accord sur son organisation et de la répartition des dépenses.

Les fiançailles, ou « fanateram-bodiondry », se déroulent de manière suivante :

Le prétendant se rend à pied avec sa famille jusqu’à la demeure de la future mariée, où il demande sa main, par le biais d’un orateur. En effet, chaque famille est représentée par un orateur, des professionnels de la rhétorique qui se renseignent dans le cadre d’une jouxte oratoire sur les origines des mariés et les conditions de leur union.

Les deux familles scellent leur accord par la cérémonie du « Vodiondry » : il s’agit de la remise de la dot symbolique par la famille de la mariée à celle du marié, une enveloppe contenant un exemplaire de chaque type de pièce et de billet de Madagascar.

D’autre part, le prétendant offre aux parents de la mariée un mouton pour marquer son respect, et à certains membres de la famille des enveloppes contenant de l’argent : au minimum de trois, elles sont destinées à compenser le départ de la mariée du foyer, où elle ne pourra plus aider ses proches dans l’accomplissement des tâches quotidiennes.

Enfin, le marié offre à l’élue de son cœur un cadeau, fréquemment une alliance en or jaune pour symboliser leur union.

Une fois toutes ces formalités accomplies, les familles se retrouvent autour d’un festin en plein air ou « hanim-pitoloha » disposé sur les nattes pour un repas au sol.

Alain Brecqueville

Publié dans Coutumes

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