Industrie locale : Une guerre sans fin contre la concurrence déloyale

Publié le par Alain GYRE

Industrie locale : Une guerre sans fin contre la concurrence déloyale

Rédaction Midi Madagasikara 21 novembre 2015

Industrie locale : Une guerre sans fin contre la concurrence déloyale

La loi en vigueur à Madagascar favorise les importations et pénalise les productions locales, d’après les industriels locaux.

Comme tous les ans, le 20 novembre, la Savonnerie Tropicale n’a pas manqué de dénoncer la concurrence déloyale dont elle est victime, à l’occasion de la Journée mondiale pour l’industrialisation en Afrique. D’après les explications du DG de cette société industrielle, Thierry Ramaroson, certains opérateurs importent des bondillons de savon hors normes, sans aucune traçabilité, pour fabriquer du savon destiné au marché local à Madagascar. Ces produits peuvent présenter un danger pour les consommateurs, a-t-il avancé. En effet, les savons produits à partir de ces bondillons sont préférés des consommateurs à faible pouvoir d’achat, qui n’ont pas le moyen de s’offrir les savons de bonne qualité. D’après le DG de la Savonnerie tropicale, 8 000 tonnes de savons entrent chaque année sur le marché intérieur, depuis que les dispositions fiscales à l’encontre de l’importation de bondillons de savon ont été changées par le régime transitoire. « Des conditionneurs et non des savonniers ! » : c’est la qualification que les responsables auprès de la savonnerie tropicale donnent à ces importateurs qui importent des morceaux de savon. Et pourtant, ces opérateurs bénéficient de la baisse du taux de droit de douane accordée pour les matières premières.

Victimes. « Ces conditionneurs de savon bénéficient d’un allègement fiscal leur permettant de vendre leur produit à bas prix, alors que leurs activités n’apportent aucune valeur ajoutée pour l’économie malgache. Les vrais industriels sont lésés en subissant une concurrence déloyale. Nous sommes désavantagés alors que nos activités contribuent à la création de richesse, d’emploi et améliorent les ressources de l’Etat », a expliqué Thierry Ramaroson. De son côté, le PDG de la savonnerie tropicale, André Ramaroson a noté que « certains d’entre ces opérateurs font des ventes sans facture, ce qui leur permet encore de casser les prix sur le marché intérieur ». Bref, pour les dirigeants de la savonnerie tropicale, le taux de droit de douane de bondillons doit être ramené à 15 %. Cela a été intégré dans la loi de Finance 2015, mais le texte n’a pas été adopté au niveau de l’assemblée nationale, à cause des trafics d’influence initiés par les opérateurs de mauvaise foi, d’après les propos du PDG André Ramaroson.

Antsa R.

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