Tradition – À la redécouverte du « Taom-baovao malagasy »

Publié le par Alain GYRE

Tradition – À la redécouverte du « Taom-baovao malagasy »

 

Tradition – À la redécouverte du « Taom-baovao malagasy »

Un événement exceptionnel de la scène culturelle et cultuelle de la Grande île. Les nouvelles générations sont initiées aux rites de la célébration du Nouvel an malgache.

Le « Afo tsy maty » est allumé la veilledu Jour de l’An malgache.

 

Fêté en fanfare depuis plus d’une décennie maintenant par les aînés et les hauts dignitaires traditionnalistes, à travers tout le pays et principalement dans les Hauts-plateaux de Madagascar. Le « Taom-baovao malagasy», ou le Nouvel an malgache, est un rendez-vous unique et festif, marqué à chaque fois d’une pierre blanche. Enjoué et magnifié d’un folklore qui lui est propre, valorisant aussi bien les us et coutumes de la Grande île que ses traditions les plus respectées ainsi que sa culture propre.

La célébration du Nouvel an malgache est principalement portée à bout de bras, comme à l’accoutumée par des historiens, des astrologues, des enseignants-chercheurs, des personnalités représentatives des traditions dont les « Tangalamena », « Olombe», les « Ampanjaka », et autres « Zanak’ampielezana » originaires des autres régions, ainsi que divers acteurs culturels. Elle fédère actuellement de plus en plus de jeunes également. C’est donc l’occasion de revenir sur les grands points importants qui font que cette célébration s’affirme comme rassembleur du peuple malgache et qui égayera entre autres la région Imerina les 27 et 28 mars prochains.

À chacun est offerte une gerbe de riz, en guise d'offrande et d'échange  de cadeau, le « Zara hasina ».

 

La première d’une série d’événements

 

Dans la culture malgache, chaque région célèbre à son rythme les diverses festivités marquant les saisons qui se succèdent. Ainsi, il est important de relever d’ores et déjà le fait, que la célébration du Nouvel an malgache au sein de l’Imerina, soit dans les Haut-plateaux donc, n’est que les prémices d’une longue série d’événements tout aussi folkloriques que traditionnels. Le but des anciens était principalement de pérenniser et de veiller à cette solidarité et cette unité du peuple malgache. Ces différentes fêtes ont ainsi été instaurées au fil des décennies pour que le peuple s’y retrouve et y fraternise. La célébration du Nouvel an malgache, qui se tient ainsi entre fin mars et début avril, se différencie pleinement de la fête du printemps ou « Asaramasina », célébrée en septembre, malgré les similitudes dans les rites qui y sont respectivement pratiqués. Ces deux événements sont toutefois complémentaires, car affichant les valeurs fraternelles et fédératrices qui font des Malgaches ce peuple uni et intarissable. Le « Taom-baovao malagasy » ouvre ainsi le bal des festivités en ce début d’année. S’ensuivent par la suite les différents rendez-vous dans les régions. Tels que le « Tsanga-tsaina » ou le « Fitampoha », entre autres, en attendant les retrouvailles au mois de septembre pour le « Asaramasina ».

Le port de costumes traditionnels est de mise pour marquer le caractère national de la célébration  du Nouvel an malgache.

 

Us et coutumes – Les rituels de la veille et du Jour de l’an

 

La veille du Nouvel An malgache, pour cette année le 27 mars, correspond au fameux « Réveillon » qui est de coutume chaque fin d’année. À l’occasion, les festivités débutent toujours par la cérémonie du « Fidiovana » ou « Purification», durant laquelle ont lieu divers rites qui consistent généralement à renforcer les liens unisant le peuple malgache en général, pour qu’il ne se désolidarise pas tout au long de l’année.

Notamment, le fameux pardon mutuel ou « Fifamelana faobe », la réconciliation ou « Famitranam-pihavanana », et le renforcement du « Fihavanana». Tout un chacun, au sein du foyer, de la famille, des voisins, des dirigeants et du peuple, se retrouve ainsi pour se pardonner mutuellement avant de festoyer. C’est une cérémonie qui symbolise également celle du « Fandroana » ou le bain royal.

Suit, toujours la veille mais dans l’après-midi, l’allumage du « Afo tsy maty », la flamme éternelle, à Ambohidrabiby, en premier lieu pour symboliser que ce fut le roi Ralambo qui l’instaura en premier, puis au niveau des divers sites de célébration et foyers, dont notamment au Stade de Mahamasina, à Andohalo vers la fin de l’après-midi, à Imerimanjaka, à Ikianja – Ambohimangakely et dans divers endroits de l’Île. Le soir, la retraite aux flambeaux suivie d’une veillée est organisée, et chaque foyer est sollicité à tenir les lumières allumées, jusqu’à l’aube du 28 Mars.

Le jour du Nouvel an, les rituels se poursuivent de plus belle, à travers le « Fafy rano», ou bénédiction, dans la matinée, l’équivalent de la présentation des vœux. Le « Tatao», ou partage du riz de l’année précédente, cuit au lait et arrosé de miel, mets de circonstance que l’on mange avec ses proches et amis. Le « Zara hasina », ou partage de la gerbe de riz, sera l’occasion de formulation de vœux, du partage du premier repas et d’échange de cadeaux entre les aînés et la jeune génération.

 

Fêté partout

 

Cette célébration en ode aux traditions malgaches, selon le cycle lunaire, s’affirme comme étant bien différente de celle instaurée par le calendrier grégorien. Tout en étant festif, le Nouvel an malgache, principalement organisé entre autres par le « Trano Koltoraly Malagasy » et l’association « Taranak’Ambohitrabiby » qui se tient ponctuellement sur la colline sacrée d’Ambohitrabiby reste le plus remarquable. Les retrouvailles entre tous les férus de festivités culturelles et cultuelles y sont d’ailleurs déjà confirmées les 27 et 28 mars. En outre, d’autres manifestations en d’autres lieux sont également à découvrir pendant ces deux jours à travers les mêmes rituels. Notamment, en ce qui concerne la Ville des Mille, à Andohalo, au Tahala Rarihasina Analakely, au Kianjan’ny Kanto Mahamasina, à Ambohimangakely, et même outre-mer, à l’île de La Réunion et dans l’Hexagone. À l’occasion, les anciens invitent chacun à allumer une bougie ou un lampion chez lui tout en l’ornant de guirlandes pour illustrer cette ambiance festive et solidaire, et susciter l’engouement de tous à participer à la célébration.

 

Andry Patrick Rakotondrazaka

Photos : Archives de L’Express de Madagascar

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