La décision unilatérale du général Gallieni

Publié le par Alain GYRE

La décision unilatérale du général Gallieni

14.06.2017 Notes du passé

 

L’instauration du protectorat français  sur Madagascar en octobre 1895, n’apporte aucun changement aux Sakalava et Antankarana, notamment avec la remise en fonction du gouverneur Ratovelo à Anorotsangana. Son premier souci est de se venger des administrés.

La reine Binao demande alors de l’aide aux autorités françaises de Nosy Be. Les Français se contentent de lui conseiller, pour mieux se défendre, de bâtir un village fortifié où elle regrouperait tous les Sakalava bemihisatra, même ceux qui se sont enfuis sur les iles.

Chassé d’Ambohimarina, Ratovelo est en effet placé comme gouverneur général de Vohémar par ordonnance de Ranavalona III du 6 juin 1896.

« Situation incompréhensible pour les Antankarana car ils ignoraient tout du traité

franco-hova du 1er octobre 1895. La région de l’Ankarana était néanmoins plus tranquille, car les troupes de Ratovelo n’osaient plus s’y aventurer, craignant l’intervention des Antan­karana stationnés à Nosy Mitsio et des Français de Diego-Suarez» (Ambalavelona ou l’insurrection anticoloniale dans le Nord-ouest de Madagascar en 1898 de Cassam Aly Ndandahizara).

Puis par la loi du 6 août 1896 qui abolit le protectorat, Madagascar est annexé et devient colonie française. Les Sakalava et les Antankarana réfugiés sur les diverses îles du Nord-ouest retrouvent leurs villages, leurs champs et leurs pâturages sur la Grande terre.

Le général Joseph Simon Gallieni arrive à Antananarivo, le 16 septembre 1896, pour remplacer le général Voyron, commandant supérieur du corps d’occupation et territoires militaires. Et à partir du 28 septembre, comme résident général pour succéder à Hippolyte Laroche.

Ce même jour, il s’adresse ainsi à la reine Ranavalona III: « Je suis heureux de recevoir Votre Majesté et de lui témoigner les sentiments de mon affection et de sympathie que la France et le gouvernement de la République éprouvent pour elle. Il n’en saurait être autrement, Madame, car Madagascar est désormais une terre française. Il est de mon devoir de m’exprimer très franchement  et très clairement à ce sujet, afin qu’il ne reste plus aucun doute et équivoque sur ce point dans votre esprit ni dans celui de la population de l’Emyrne: l’île de Madagascar est maintenant une colonie française et les populations qui l’habitent sont devenus sujets français. Les couleurs françaises sont les seules qui doivent flotter désormais sur les moindres villages de la Grande île. »

Le 28 février 1897, Ranavalona III reçoit de la main du gouverneur Rasanjy et du chef de l’état-major général, l’arrêté N°633 abolissant la royauté merina. Elle est dirigée à Toamasina où elle est embarquée pour l’ile de La Réunion puis Alger.

Mais un an auparavant, deux lois sont prises par le Parlement français, le 9 mars 1896, sur le régime de la propriété foncière et sur celui des concessions. Mois par mois, le général Gallieni est informé du déroulement des reconnaissances et explorations entreprises à travers l’île.

Concernant particulièrement la province de Nosy Be, la partie comprise entre la mer, la montagne d’Ambre et la baie de Bekopaka au nord, et le fleuve Mananjeba au sud, est à peu près inconnue. Plus au Sud, les vallées de la Mananjeba, de la Mahavavy, de l’Ifasy, du Sambirano et son affluent le Ramena ont déjà certains points placés. Les lignes de partage de ces différents bassins et de leurs affluents restent à déterminer.

Le plus grand vide de la carte est limité au nord par le cours de l’Ifasy, à l’est par la Mahavavy, au sud par la Maevarano et à l’ouest par la Sambirano.

Enfin tout le pays- entre la Maevarano au nord et la Sofia au sud, la ligne de partage de deux versants de l’île à l’est et la mer à l’ouest- n’est traversé que par quatre itinéraires de directions différentes. Ils sont séparés par des distances telles que leurs lignes orographiques ne se soudent pas et ne peuvent, par la suite, être utilisées pour un travail d’assemblage.

 

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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