Une école solidaire pour des enfants de ferronniers

Publié le par Alain GYRE

Une école solidaire pour des enfants de ferronniers

Publié le 07-06-2017

 

Les valeurs de la paix et du respect de l'environnement sont transmises au 4FA.

Ando Rakotovoahangy

 

A Madagascar, les parents issus de milieux défavorisés n'ont pas toujours les moyens de scolariser leurs enfants. Pour remédier au problème, un couple d'artisans spécialisés dans la ferronnerie d'art a décidé de créer une école solidaire pour les enfants de ses salariés. Rencontre.

 

A Madagascar, la scolarisation des enfants n’est pas évidente. Les enfants déscolarisés, voire non scolarisés, sont le plus souvent issus de familles défavorisées.

Au niveau national, 31 % des enfants en âge d'être scolarisés ne fréquentent pas l'école. Selon un rapport global publié par l’Unicef il y a deux ans, dans les villes malgaches, on compte 7 % d’enfants de 6 à 14 ans non scolarisés, tandis que ce chiffre atteint 34 % dans le milieu rural. C’est en faisant ce constat que Dieudonné et sa femme, Violette, ont décidé de créer en 2005, dans leur écovillage à Antananarivo, 4FA : une association d’abord, une école solidaire ensuite.

Des élèves de la classe de 6ème.

Ando Rakotovoahangy

 

De la ferronnerie à l'enseignement

 

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Installés à 45 minutes du centre-ville, Dieudonné et Violette sont connus comme étant des artisans spécialisés dans la ferronnerie d’art. Après une carrière d’enseignant vacataire à l’université, Dieudonné a suivi une formation en design et création à Paris, où il a renoué avec le métier de son père ferronnier.

Il a ensuite monté son propre atelier. Au début, il ne disposait que de 8 ares d’espace remblayé. Pour l'aider à concrétiser son projet, le couple a alors partagé sa passion avec des gens de la localité qu’ils ont engagés. Constatant que les enfants de ses collaborateurs traînaient à l’atelier au lieu d'aller à l’école, le couple a décidé de monter la première classe préscolaire, soit la maternelle, qui comptait à ses débuts 22 élèves. Grâce à leur activité, Dieudonné et Violette ont pu financer la construction de l’école. La première année, une fondation pour deux salles avait marqué d’une pierre blanche l’ouverture officielle de l’école. L’année suivante, une nouvelle salle de classe a été construite. Cela remonte à plus de 10 ans. Aujourd’hui, l’école compte environ 380 élèves, en préscolaire, primaire et secondaire. La scolarisation est gratuite pour les enfants des 200 travailleurs du village. Pour ceux qui viennent de l’extérieur, un écolage symbolique de 7 000 ariarys par mois (soit moins de 3 euros pour le primaire et 3,50 euros pour le secondaire) est demandé. Dieudonné a recruté des maîtresses d’école certifiées pour constituer son corps enseignant.

 

Des ateliers manuels

 

En plus de suivre le programme scolaire du ministère de l’éducation nationale, le couple propose des activités parascolaires : entretien des jardins potagers, ateliers de poterie. « Pourquoi la poterie? Parce que c’est la seule richesse qui vient de la terre et qui reste. L’or n’est plus disponible. Si la population démunie arrive à maîtriser la poterie, elle n’aura plus besoin d’acheter des assiettes faites en Chine », avance Dieudonné.

« On ne sait pas de quoi sera fait l’avenir, précise Lalao Robine, enseignante en primaire depuis l’ouverture de l’école et chargée des activités parascolaires. Pour que ces enfants puissent s’en sortir, il faut qu’ils participent aussi aux ateliers de travaux manuels. Un jour, si jamais ils ont des difficultés, ils pourront en faire un métier. Pour les plus petits, j’innove en matière de formation. On joue à des jeux. Et à partir de 4 ans, on leur apprend à lire et à écrire. Pour les activités parascolaires, je tiens des ateliers de couture, de broderie et de patchwork.»

Une institutrice au cours d'un atelier de poterie.

Ando Rakotovoahangy

 

Le taux de réussite chez 4FA, du certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), l'examen pour passer en 6ème, est de 100 % sur une trentaine d’élèves. Pour le brevet d’études du premier cycle (BEPC), le taux de réussite varie entre 60 et 66 % sur une quarantaine d’élèves. Les élèves qui finissent leur parcours scolaire rejoignent ensuite les grands lycées publics d’Antananarivo. Une bataille de remportée pour Dieudonné, mais un combat loin d’être gagné à Madagascar.

 

Ando Rakotovoahangy

Journaliste à la radio Alliance 92

Lauréat 2015 de la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon

Antananarivo, Madagascar

ando.rakotovoahangy@gmail.com

 

UN ÉCO VILLAGE AUTONOME

Aujourd’hui, le petit village de Dieudonné et Violette arrive même à subvenir à ses besoins. Une majeure partie des besoins de la cantine est assurée par les récoltes obtenues sur place. Une boutique expose les produits de l'atelier. Le couple participe aussi à des salons internationaux pour présenter ses créations.

http://www.rfi.fr

Publié dans Education

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