2013-03-15 Des significations plutôt légendaires

Publié le par Alain GYRE

Des significations plutôt légendaires

De Mahamasina en passant par la tranchée d’Ankadi­lalana, forte pente entre la colline d’Analamanga et celle d’Ambohijanahary, se trouve Soanierana (bonne réponse). Le « Tantara ny Andriana eto Madagascar » du RP Callet explique à l’occasion de quel évènement cette bonne réponse est faite. Sous Andrianampoinimerina, le marché du vendredi (le Zoma) d’Antananarivo y est organisé. Lorsqu’il monte sur le trône, son fils Radama veut le transférer à Ambohi­tsorohitra (le village de l’alouette). Radama 1er en demande alors la permission au peuple qui donne une réponse favorable, la bonne réponse.
C’est à cet emplacement que le jeune souverain fait ériger un palais de bois par le charpentier Louis Gros dit Legros. À sa mort, la construction n’est pas tout à fait terminée, mais est abandonnée, car son épouse Ranavalona 1ère refuse de payer les rémunérations du charpentier frnaçais.
Après que le Zoma est transporté une première fois de Soanierana à Ambohitsorohitra, il est successivement transféré sur l’actuelle Place de l’Indépendance à Antaninarenina, avant de descendre à Analakely d’où il disparaît complètement.
Après Soanierana succède Ankadim­bahoaka, « au fossé du peuple » que Radama fait combler pour s’en servir comme champ de manœuvre. Et entre Soanierana et Ankadi­lalana, il y a le quartier de Fiadanana (du bonheur, de l’aisance, de la prospérité, de la paix !) puis Tsimbazaza (ce n’est pas pour les enfants). « La raison pour laquelle le quartier était interdit aux enfants est que là avaient lieu la cérémonie dite Tampi-masoandro (où l’on cache le soleil). On y terminait les funérailles des souverains en tuant des bœufs et en tirant force coups de fusil » (RR.PP. Malzac et Albinal). On s’y livre aussi à des jeux qui sont loin d’être innocents !
De ces quartiers sud, le sentier tracé au pied des falaises orientales de la vieille cité, mène à Ambanidia. « La signification à donner au mot Ambanidia n’est pas facile à affirmer » (E. Baudin et J.J. Rabearivelo, « Tananarive, ses rues, ses quartiers »). « Ambany » veut dire dessous, sous, mettre à terre et plus familièrement, la brousse. « Dia » a plusieurs significations. L’une se traduit par sauvage, l’autre est un superlatif dans certains cas, comme « tsara dia tsara » (très très bon ou beau). « Dia » se traduit en outre par le troupeau, la foule, la marche et le défilé… D’où les significations très hypothétiques suivantes : en bas, dans la brousse ; ou encore la brousse sauvage, loin de la foule ; à moins qu’il ne s’agisse de « tout à fait en bas ». Andrianampoinimerina en a fait l’un des marchés de la ville.
Un peu plus au nord, il existe un puits naturel où vit une « chose ». Souvent, cette « chose » provoque la maladie des habitants qui, pour guérir, doit célébrer sur les lieux un rituel d’offrandes constituées « de terre blanche, de miel, de riz décortiqué et de riz cuit ».
À Ankarankely, près du sous-bois dense d’Ankorahoatra, dans le puits Ankanavo, cette « chose », dit-on, donne une couleur rouge sang à l’eau puisée par un malade. Dans ce puits, vivrait une bête d’un rouge incendiaire qui n’est ni un serpent ni une anguille. C’est la « bête de la chose ». Ainsi la propreté de l’eau y est strictement préservée pour éviter toute maladie d’origine surnaturelle.
Et si l’on poursuit sur le sentier circulaire, on arrive à Ampandrana, le « fandrana » étant un palmier aux multiples fonctions. Ampandrana serait la demeure des anciens rois d’Analamanga, les Vazimba auxquels Andrianjaka, le premier conquérant d’Antananarivo, aurait donné le quartier quand il s’empare de la cité.

Pela Ravalitera

Vendredi 15 mars 2013

L’Express

Publié dans Notes du passé

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