2013-03-18 Radama totalement acquis à la civilisation européenne

Publié le par Alain GYRE

Radama totalement acquis à la civilisation européenne

A l’avènement de Radama 1er sur le trône d’Antana­narivo comme avant lui, le seul commerce extérieur du royaume de l’Emyrne se résume en la traite des esclaves, unique source de devises pour les souverains, les Andriana et les Hova.
Cependant, le même jeune roi commence à ouvrir son royaume aux Vazaha européens qui jouent sur son ambition d’être un « roi civilisé » pour l’amener à abolir la traite condamnée par le Congrès de Vienne en 1814.
C’est ainsi que les Anglais, par l’intermédiaire du gouverneur de Maurice, Sir Robert Farquhar lui envoie un agent consulaire, Lesage, qui se présente dès 1814. Et « pour ne pas être signalé aux princes européens comme ennemi de la civilisation », Radama consent à la suppression de l’exportation d’esclaves, en 1817, dont la confirmation est signée le 11 octobre 1820.
Outre les avantages en natures sous forme de produits européens, il obtient en contrepartie l’envoi à Port-Louis ou à Londres de 20 jeunes gens pour recevoir instruction et formation technique.
« L’influence de James Hastie- jusqu’à sa mort le 8 octobre 1826 à Tananarive- sur le roi fut bienfaisante. Fertile en résultats, elle profita non seulement au souverain dont l’intelligence s’aviva à connaître la pensée et le jugement de l’ami européen, mais aussi aux progrès matériels et moraux du pays » (Revue de Madagascar spéciale, « Tana­narive », MCMLII).
On doit à l’ami anglais l’introduction dans la capitale royale des premiers chevaux et des premières charrues ainsi que de graines et plantes nombreuses.
« Il fit même venir une fanfare dont l’audition émerveilla le roi ».
James Hastie fait effectuer les premières vaccinations contre la variole qui, chaque jour, tue des centaines de sujets à Anta­nanarivo. Il aurait également signalé à Radama les dangers qui résultent de la saleté dans les rues, aussi ordre est-il donné de nettoyer la ville et de l’entretenir en état de propreté.
Le conseiller anglais intervient aussi avec succès auprès du roi pour faire réduire le nombre des exécutions capitales, « ordonnées auparavant sans qu’il y eut toujours des motifs valables ».
Il essaye même d’obtenir la suppression de l’épreuve du tanguin, poison végétal que l’on fait absorber au suspect pour décider de sa culpabilité, et d’interdire les bacchanales traditionnelles du Lapabe.
James Hastie est très écouté de Radama qui ne manque jamais de l’emmener comme conseiller des opérations militaires qu’il entreprend une ou deux fois l’an, pour soumettre les peuples voisins du royaume.
« Si Radama voit son autorité s’accroître jusqu’à devenir incon­testé, c’est qu’il a formé une armée
de métier, dont les effectifs atteindront 15 000 hommes à la fin de son règne ».
Deux Européens en sont « les créateurs, les instructeurs et les animateurs ». Il s’agit du Français Robin, « curieux aventurier », vétéran de la campagne de France de 1814, et du sergent anglais Brady qui est « le maréchal de l’armée imérinienne ». Robin est aussi le confident et le précepteur de Radama 1er. Il lui apprend à lire, à écrire et à parler français. Comme exemple d’une missive royale, cet extrait : « Moi dire vous aussi y en a des jours que moi bien content pour amusé ». Mais même lorsqu’il rédige dans la langue merina, le roi se heurte à des difficultés parce que la technique de la transcription du malgache en caractères latins n’est pas encore inventée.
« Si le malgache s’écrit aujourd’hui avec une simplicité vraiment idéale, si la figure du mot écrit correspond parfaitement à sa phonétique,
ce fut le résultat d’une longue période de recherches et d’une lente évolution » (« Quatre-vingts années d’influences européennes en Imerina », S. Chapus).

Pela Ravalitera

Lundi 18 mars 2013

Notes du passé

L’Express

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