Arts et culture: Les artistes malgaches se sentent marginalisés

Publié le par Alain GYRE

Arts et culture: Les artistes malgaches se sentent marginalisés 

     

Vendredi, 09 Mai 2014

«L’essence d’une nation réside dans sa culture ».

 

«  La culture c’est l’âme de la Nation ». Ce serait en quelque sorte la devise des artistes malgaches qui ont organisé une entrevue avec la presse, hier, au CGM (Centre Germano-malgache) à Analakely. D’emblée, Dama Mahaleo a affirmé que la culture et l’art sont une des bases de la société et un facteur de développement, à telle enseigne que le gouvernement français leur a alloué un budget important, une subvention, alors que chez nous, il faut toujours des financements extérieurs. Donc l’assistanat.  Pour Hanta Ramakavelo, « la culture n’est pas un jeu, mais c’est la vie nationale, et cela a des impacts socioéconomiques non négligeables ». Michèle, du département Littérature, a tout simplement qualifié le secteur artistique et littéraire malgache de « parent pauvre ». Alban, quant à lui, a déclaré sans ambages : « n’est artiste qui veut. Il ne suffit pas de  danser n’importe comment pour être un artiste ».

 

Le Syndicat et la Fédération des artistes se plaignent ainsi de bien de problèmes dans leur métier. Ils constatent que leur secteur reste à côté de la vie nationale. Que les régimes politiques successifs ont toujours négligé leur existence, malgré la présence de quelques artistes au sein du pouvoir : les ministres Mireille Rakotomalala et Tsilavina Ralaindimby, entre autres. Les lois étaient nombreuses mais elles n’étaient jamais appliquées ou presque. Actuellement, elles sont déphasées. Par ailleurs, le Fisc les soumet actuellement à d’importantes impositions.

 

Dans ces conditions, les artistes réclament que le Conseil National des Arts et des Lettres (CNAL) soit vraiment effectif, que la Commission malgache du Livre (CML) soit mise sur pied le plus tôt possible, car le numérique et les NTIC commencent à avoir droit de cité maintenant. Le décret sur les Evénements Culturels phares (ECP) doit être amélioré. Les bases de la culture malgache sont un bien commun, un patrimoine national. Qui plus est, renforcent l’identité nationale et véhiculent l’image de la Grande île à l’extérieur. Il serait donc juste que l’Etat alloue un budget pour appuyer l’organisation des festivals qui créent des opportunités de développement économique et du tourisme, par la création d’emplois.

 

En ce qui concerne le statut des artistes, il doit être révisé et amélioré. Le terme « artiste, corps de métier » devrait être inséré dans le Code de Protection sociale et du Code du Travail. Par ailleurs, la loi sur le Mécénat doit être promulguée et appliquée. La synergie Etat/secteur privé/société civile et le partenariat public privé (3P) doivent être renforcés. Encourager le secteur privé à s’impliquer pour pérenniser les activités sociales et événementielles. Enfin, il faudrait rémunérer la copie privée, et notamment renforcer la lutte contre la contrefaçon (renforcer la Brigade anti-piratage et les violations des droits d’auteur sur internet). Le Syndicat et la Fédération des artistes entendent rencontrer la ministre de l’Artisanat, de la Culture et des Patrimoines.

 

Clément

 

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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