Indigence : 60% des Malagasy sont extrêmement pauvres

Publié le par Alain GYRE

Indigence : 60% des Malagasy sont extrêmement pauvres       

Samedi, 12 Avril 2014

Si on se base sur l’apport alimentaire minimal, une forte proportion des Malagasy est extrêmement pauvre. Ils sont 60% à ne pas manger à leur faim. Cette proportion correspond à près de 13 millions de personnes.

 

Les revenus quotidiens de ces dernières ne leur donnent donc pas de quoi s’acheter l’équivalent de 2 100 calories nécessaires pour une alimentation correcte. Ces chiffres sont issus du nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé « Visages de la pauvreté à Madagascar ». Présenté hier à Anosy, il documente les niveaux et l’évolution de la pauvreté à Madagascar et offre une analyse détaillée des corrélations de la pauvreté et de l’inégalité. Madagascar est en queue de peloton en matière de pauvreté. Il a juste la RDC et le Liberia derrière lui. Bref, l’image de pauvreté du pays s’aggrave, notamment sur la période étudiée par la Banque, soit celle de 2001 à 2010. Les auteurs du document soulignent que le taux de pauvreté n’a pas diminué entre 2001 et 2005. Au contraire, il a augmenté de 71 à 75%, contre le taux de 68% selon les estimations officielles de 2005. Cela signifie que les bonnes croissances de la 1ère moitié des années 2000 n’ont pas permis de faire reculer la pauvreté.

 

Mais pendant la crise qui perdure, l’appauvrissement de la population s’aggrave aussi. Le nouveau gouvernement aura du pain sur la planche. La bonne nouvelle, si on peut le dire, est que les inégalités sont moins profondes entre 2001 et 2010. Les Malagasy vivant sous le seuil de la pauvreté voient s’améliorer leur bien-être même s’il s’agit d’une faible avancée. Les ruraux sont les plus concernés par cette amélioration, vu que la crise politique les ont quelque peu épargnés. Mieux, c’est l’agriculture qui a porté la croissance en 2009, alors que l’industrie et les services se sont effondrés. D’après le Pr Hery Ramiarison, enseignant-chercheur au département économie de l’université d’Antananarivo, invité pour commenter le rapport, cette performance de l’agriculture est le résultat des efforts cumulés initiés auparavant. Sinon, les inégalités devant la pauvreté sont sur une tendance à la baisse chez les pauvres. Par contre, elles augmentent chez les riches. L’enseignant-chercheur a relevé : « Ce document est intéressant à plus d’un titre. Il devrait aussi amener à faire des recherches sur les canaux, les types… de la distribution des richesses parmi les pauvres. C’est important pour mener la lutte contre la pauvreté. Madagascar est loin des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) car il fallait une croissance de 7 à 8% par an depuis 2000 pour réduire de moitié la pauvreté ».

 

Le pays n’a pas pu le faire même si en 2008, il a affiché une croissance de plus de 8%. Si le pays n’a pas connu les 2 dernières crises, près de 11% des Malagasy seraient sortis de la pauvreté en 2010. Et s’il n’y avait pas la crise de 2009, le taux de la pauvreté aurait été de près de 60% en 2010. Seulement, personne ne sait ce qui aurait pu se passer si le régime Ravalomanana, connu pour ses dérives de gouvernance, était toujours au pouvoir. La transition n’a pas fait mieux, alors que ses dirigeants étaient à la tête du pays pendant 5 ans. Que peut-on attendre du futur gouvernement ? L’avenir le dira.

 

Fanjanarivo

La Gazette

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