Littérature : L'érotisme de Dox mis à nu

Publié le par Alain GYRE

Littérature : L'érotisme de Dox mis à nu

 

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Dédé Sorajavona a joliment décoré les textes explicites de Dox du son de ses instruments, appropriés pour l’occasion

 

Belle performance scénique et textuelle pour révéler les textes inédits de Dox, du plus profond desquels jaillit un érotisme heureux.

 

Le début de l'après-midi était assez solennel au CGM Analakely, on célèbre, samedi, le centenaire de Dox ou Jean Verdi Salomon Razakandraina, à l'initiative du Cercle des poètes et écrivains, Sandratra, dans un récital de poèmes « Dox mifoha». Une série de discours alternant Solofo José du Faribolana Sandratra, Elie Ramasin­draibe, représentant de la famille de Dox, Laure Rabarison de la Direction de la Langue et des Écrits pour rappeler cet homme « attaché à sa langue maternelle », et qui a marqué de sa plume la littérature malgache.

Au fond de la scène, les deux fils de Dox s'installent. D’un côté, Dédé Sorajavona et son arsenal d'instruments de musique (valiha, guitare, harmonica, une armée de flûtes,...) De l’autre son frère, Elie Ramasindraibe, avec sa guitare et ses instruments à vent. Le premier titre instaure une ambiance tantôt reposante, tantôt mélancolique qui invite au voyage et à la découverte. Mais au final, c'est une sorte de préliminaire avant de pénétrer le monde charnel de Dox.

Les échanges de vers entre Avelo Nidor et Riambola dans le premier poème en disent long sur les textes à venir.

« Iza ity mihanjahanja eto afovoan'ny kianja... hetaheta vetaveta ! ». Et tout le CGM s'esclaffe de rire. Et les textes progressent et suivent un mouvement ascendant comme pour mimer la montée progressive du désir et du plaisir charnel.

Terre inconnue

L'érotisme de Dox repose sur une forte présence du corps, du corps de la femme. Femme désirée, femme objet.

À travers ses poèmes, Dox décrit une femme à la sensualité impertinente. Ses cheveux ondulés, sa poitrine généreuse, sa démarche gracieuse. Le charme du corps nu, une invitation explicite à vivre aux confins de l'extrême du désir. Les poètes-comédiens de Sandratra se sont appropriés ces poèmes avec aisance. Parfois, les textes sont slamés, presque chantés. Il y en a un qui a surpris avec ses improvisations volées, pour le plus grand bonheur du public.

Au milieu de ce volcan de désir prêt à exploser, DD Sorajavona et Elie Ramasin­draibe tempèrent l'ambiance avec des textes superbement mis en musique comme Atataovy aho rey olona, Tafatsiry indray ny maitso eto an-tokotaninay ou encore le fameux Isaky. Des moments où l'on pouvait apprécier un duo complice et créatif. C'est un écrin musical qui s'offre à découvrir avec des compositions empreintes de diversité et de mélange.

 

Domoina Ratsara

 

Lundi 29 juillet 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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